USB4 v2 et Thunderbolt 5 montent à 80 Gbit/s, le cuivre plafonne à 1 m

USB4 v2 et Thunderbolt 5 atteignent 80 Gbit/s, mais le cuivre cale à 1 mètre

USB4 Version 2 et Thunderbolt 5 ne se contentent plus d’augmenter le débit sur le papier : en 2026, ils installent l’USB-C dans une nouvelle classe d’usage, avec 80 Gbit/s bidirectionnels et jusqu’à 120 Gbit/s dans un seul sens pour les scénarios dominés par l’affichage. Le signal est clair : le port qui servait hier à brancher une souris devient, sur les machines premium, une extension du bus interne du PC. Mais cette montée en puissance a un prix technique très concret : le cuivre passif arrive à sa limite pratique, souvent autour d’un mètre.

Ce basculement touche directement les laptops, desktops, docks, écrans et boîtiers de stockage qui arriveront sur le marché dans la seconde moitié de la décennie. Il s’accompagne aussi d’un effort de clarification longtemps attendu, avec des labels censés enfin dire ce qu’un port ou un câble sait faire : « USB 40 Gbit/s », « USB 80 Gbit/s » ou encore « câble 240 W certifié ». Une promesse utile, tant le même connecteur USB-C peut encore cacher des capacités très différentes. Pour comprendre cette transition, on peut aussi relire nos analyses sur les standards et usages du PC.

USB4 Version 2 pousse l’USB-C à 80 Gbit/s, contre 40 Gbit/s au mieux jusqu’ici

Le saut technique est le plus important depuis le passage de l’USB 2.0 à l’USB 3.0. En 1996, USB 1.0 plafonnait à 12 Mbit/s. USB 2.0 est monté à 480 Mbit/s en 2000, puis USB 3.0 à 5 Gbit/s en 2008. Les générations USB 3.1 et 3.2 ont ensuite poussé l’ensemble à 10 puis 20 Gbit/s, au prix d’une nomenclature devenue illisible pour le grand public.

Avec USB4 v1, lancé en 2019, le standard a changé de nature. Il ne s’agit plus seulement d’un lien USB classique, mais d’un transport capable d’acheminer simultanément des paquets USB, du PCI Express et du DisplayPort, avec une répartition dynamique de la bande passante. En clair, un seul câble USB-C peut à la fois alimenter un portable, relier un écran et transporter un lien PCIe vers un SSD externe ou un dock.

USB4 Version 2.0 double maintenant le débit sans changer de connecteur ni ajouter de nouvelles lignes physiques. La clé, c’est le passage de la modulation NRZ à la PAM3. Là où USB4 v1 atteignait 20 Gbit/s par ligne, USB4 v2 monte à 40 Gbit/s par ligne. Avec deux lignes agrégées dans chaque direction, on arrive à 80 Gbit/s symétriques. Le standard prévoit aussi un mode asymétrique, jusqu’à 120 Gbit/s dans un sens, pensé pour les usages où l’essentiel du trafic part du PC vers un écran.

Ce mode 120 Gbit/s a toutefois une contrepartie : il réduit le débit dans l’autre sens. C’est très adapté à un affichage lourd, beaucoup moins neutre si l’écran ou le dock connecte aussi des périphériques gourmands en retour de bande passante.

Le grand frein, ce n’est plus la fiche technique : c’est le câble en cuivre

À ces débits, l’obstacle n’est plus tant la norme que le médium physique. À 40 Gbit/s par paire, le cuivre encaisse davantage d’atténuation, de diaphonie et de problèmes d’intégrité du signal. La PAM3, plus dense que la signalisation binaire classique, impose des circuits de correction plus sophistiqués et des retimers plus exigeants.

Conséquence directe : les câbles USB-C passifs certifiés pour 80 Gbit/s restent, en pratique, limités à environ 1 mètre. Au-delà, l’industrie doit de plus en plus recourir à des câbles actifs, intégrant de l’électronique pour compenser pertes et distorsions. Ces câbles peuvent être directionnels, ce qui complique légèrement l’usage au quotidien, en particulier avec des docks ou des moniteurs placés à distance.

Pour des longueurs supérieures, l’optique commence à s’inviter dans l’équation. Des câbles USB-C optiques, avec fibre et transceivers intégrés dans des connecteurs au format USB-C, sont déjà commercialisés en 2026. Leur intérêt est simple : tenir sur plusieurs dizaines de mètres sans subir les mêmes limites que le cuivre. Leur frein l’est tout autant : ils coûtent nettement plus cher, de l’ordre de quelques centaines d’euros sur de grandes longueurs, et ne gèrent généralement pas la forte puissance via USB Power Delivery.

Le découpage qui se dessine est assez net : le cuivre reste pertinent pour les liaisons courtes, jusqu’à 1 mètre ; les câbles actifs deviennent presque incontournables dès que l’installation se complexifie ; et l’optique apparaît comme la voie logique pour aller plus loin, notamment si l’USB devait dépasser durablement 80 à 120 Gbit/s.

Thunderbolt 5 fixe le haut du panier là où USB4 reste encore modulable

Sur le papier, USB4 devait unifier l’écosystème. Dans la pratique, le logo seul ne suffit toujours pas. Un port estampillé « USB4 » peut encore se limiter à 20 Gbit/s, sans PCIe tunneling, ou avec des capacités d’affichage restreintes. C’est déjà le cas sur de nombreuses machines plus abordables.

Thunderbolt 4 avait servi de version « complète » d’USB4 v1 : 40 Gbit/s obligatoires, PCIe tunneling avec au moins 32 Gbit/s soutenus, prise en charge d’au moins deux écrans 4K, protection DMA et alimentation minimale de 15 W par port. Thunderbolt 5 joue le même rôle dans la génération actuelle, mais un cran plus haut.

Techniquement, Thunderbolt 5 repose sur la même couche physique qu’USB4 v2. La différence tient aux exigences. Il garantit 80 Gbit/s symétriques, le mode 120 Gbit/s orienté affichage, le PCIe Gen4 tunneling et des contraintes plus strictes sur la latence et le jitter. Pour les usages comme les boîtiers NVMe externes haut de gamme, les eGPU, la capture vidéo ou les stations d’accueil très chargées, cette différence compte.

Le rapport cite un exemple emblématique de cette montée en gamme : des machines comme le Razer Blade 16 (2026) adoptent Thunderbolt 5. Le message envoyé par les fabricants haut de gamme est limpide : sur les segments où le surcoût reste acceptable, mieux vaut promettre toutes les fonctions d’un seul coup plutôt qu’un USB4 partiel difficile à expliquer.

Stockage, écrans, recharge : ce que l’utilisateur verra vraiment en 2026

Le changement est d’abord tangible sur le stockage externe. En USB 3.2, même un SSD NVMe rapide peut se retrouver bridé entre 1 et 2 Go/s. Avec USB4 v2 ou Thunderbolt 5 en PCIe Gen4 tunneling, le rapport indique des débits pratiques de 3 à 5 Go/s, assez proches d’un SSD interne pour de nombreux usages. Pour le montage vidéo 4K ou 8K, cela change la donne : on peut davantage travailler directement sur le disque externe, avec moins de copies intermédiaires.

L’affichage est l’autre grand chantier. USB4 v2 fait évoluer le tunneling vers DisplayPort 2.1 avec UHBR20, là où les générations précédentes restaient plus souvent cantonnées à DisplayPort 1.4. Concrètement, la nouvelle base vise le multi-écran 4K à haut rafraîchissement, mais aussi des configurations 8K, voire un écran 12K selon les cas évoqués dans le rapport.

Le troisième pilier, c’est l’alimentation. En 2026, l’USB-C avec Power Delivery 3.1 peut monter jusqu’à 240 W, grâce aux profils Extended Power Range à 28 V, 36 V et 48 V. Cela suffit pour des laptops gaming haut de gamme, des stations de travail mobiles et certains moniteurs alimentés en USB-C. Le plafond au-delà de 240 W reste une question ouverte : contraintes thermiques, fiabilité mécanique et sécurité électrique rendent l’exercice nettement plus délicat.

Le bénéfice immédiat, lui, est très concret : un seul câble peut relier un portable à un dock, alimenter la machine, piloter un ou plusieurs écrans, acheminer de l’Ethernet, de l’audio et du stockage. Sur un bureau, c’est moins de câbles et moins d’adaptateurs. À condition, évidemment, que le port, le câble, le dock et le périphérique parlent tous le même langage. Comme souvent avec l’USB, le maillon le plus faible fixe le résultat final.

La prochaine étape à surveiller sera double. À court terme, l’enjeu est la lisibilité : les labels « USB 80 Gbit/s » et « câble 240 W » devront être correctement appliqués par les fabricants. À moyen terme, toute la question sera de savoir jusqu’où le standard peut encore pousser le cuivre. Le rapport évoque déjà l’après, entre PAM4, une possible évolution vers USB5 et une montée progressive des liaisons optiques sur les usages longue distance.

Source : rapport complet sur l’avenir de l’USB et de Thunderbolt.