Tesla devient le premier constructeur 100 % électrique à produire 10 millions d’EV

Tesla a produit son 10 millionième véhicule électrique, a confirmé le constructeur le 30 juillet 2026. Le jalon a été franchi à l’usine de Fremont, en Californie, avec une Model Y Diamond Black sortie des chaînes et présentée comme la « 10 millionth Tesla globally ». Au-delà du symbole industriel, ce cap place aussi l’entreprise à mi-parcours de l’un des grands objectifs opérationnels liés au plan de rémunération d’Elon Musk, dont la valeur théorique peut atteindre 1 000 milliards de dollars sur dix ans. La cible à atteindre est de 20 millions de véhicules livrés.

Le message publié par Tesla sur X est sans ambiguïté : « Produced our 10 millionth Tesla globally at Fremont Factory this week ». L’entreprise revendique ainsi le statut de premier constructeur 100 % électrique à dépasser les 10 millions de voitures à batterie produites. La nuance compte : BYD a lui aussi franchi ce seuil sur les véhicules électrifiés, mais en cumulant électriques à batterie et hybrides rechargeables.

Tesla 10 millionième véhicule électrique : Fremont boucle la boucle

Le choix de Fremont n’a rien d’anodin. C’est le site historique de Tesla, celui des Model S, Model X, Model 3 et Model Y, et déjà l’usine du premier millionième véhicule produit en 2020. Six ans plus tard, c’est donc à nouveau en Californie que la barre des 10 millions a été officialisée, même si la montée en cadence de Tesla repose désormais sur un outil industriel bien plus large.

Cette production cumulée s’appuie sur quatre grandes usines : Fremont aux États-Unis, Shanghai en Chine, Berlin-Brandenburg en Allemagne et Austin au Texas. Shanghai est devenue un pilier des volumes mondiaux de Model 3 et Model Y. Berlin alimente l’Europe en Model Y. Austin doit servir de hub pour la Model Y et, à terme, pour le Cybertruck et d’autres programmes.

Le véhicule symbole est lui aussi révélateur. Tesla n’a pas mis en avant une Model S ou un modèle de niche, mais une Model Y, son modèle de volume. C’est ce SUV qui porte l’essentiel de la production récente et qui incarne le mieux le virage de Tesla vers la grande série.

Le constructeur a d’ailleurs insisté sur le rythme parcouru : il lui a fallu environ 12 ans pour atteindre son premier million de voitures électriques, puis seulement six ans pour produire les 9 millions suivantes. La séquence des jalons illustre cette accélération : 8 millions en juin 2025 à Berlin, 9 millions en décembre 2025 à Shanghai, puis 10 millions fin juillet 2026 à Fremont.

Un cap industriel qui compte aussi dans le package d’Elon Musk

Le seuil atteint cette semaine a une portée financière immédiate, même s’il ne déclenche pas mécaniquement une tranche connue du plan de rémunération d’Elon Musk. Les documents publics ne permettent pas d’associer précisément tel jalon de production à telle attribution d’actions. En revanche, un point est établi : le plan soumis par Tesla repose sur une combinaison de jalons de valorisation boursière et d’objectifs opérationnels.

Parmi ces objectifs, quatre piliers produits et usage reviennent dans les analyses : 20 millions de véhicules, 10 millions d’abonnements FSD, 1 million de robots Optimus et 1 million de robotaxis. À ce titre, le passage à 10 millions de voitures produites signifie que Tesla a couvert environ la moitié du chemin sur l’un de ces quatre axes majeurs.

Le reste du plan reste d’une toute autre ampleur. Tesla devrait porter sa capitalisation vers 8,5 trillions de dollars dans la décennie, contre environ 1,0 à 1,4 trillion selon les documents cités au moment du vote. D’autres objectifs évoquent aussi 400 milliards de dollars de profits annuels ou d’EBITDA ajusté selon les sources, ainsi que la création d’environ 7,5 trillions de dollars de valeur pour les actionnaires sur la durée du programme.

Autrement dit, 10 millions de voitures produites constituent un jalon massif, mais seulement partiel au regard de l’architecture du package. Les trois autres piliers — FSD, robots humanoïdes, robotaxis — restent très loin des chiffres cibles mentionnés dans les analyses disponibles.

Le paradoxe Tesla : record historique, croissance moins nette

Ce cap arrive dans un contexte plus contrasté que ne le suggère la communication officielle. Plusieurs analyses spécialisées soulignent que la croissance des ventes de Tesla est jugée stagnante ou en panne sur la période 2025-2026, loin de l’élan du début de décennie. Le jalon impressionne donc par l’ampleur industrielle, mais il ne masque pas les tensions sur la dynamique commerciale.

La pression concurrentielle est particulièrement forte. En Chine, la rivalité avec des groupes comme BYD, Geely ou Nio pèse sur les prix et compresse les marges. En Europe, Tesla affronte aussi des constructeurs installés comme Volkswagen, Renault ou Stellantis, dans un marché de l’électrique devenu beaucoup plus dense.

La comparaison avec BYD revient souvent, mais avec une réserve importante : Tesla revendique 10 millions de BEV, là où BYD dépasse 10 millions de véhicules électrifiés en incluant les PHEV. Sur le terrain de l’électrique pur, Tesla reste donc le premier acteur à atteindre ce volume cumulé.

Il existe aussi une confusion fréquente que ce nouveau jalon corrige. En juillet 2024, Tesla avait annoncé avoir produit 10 millions de moteurs électriques à Shanghai, un cap distinct. Comme certaines voitures utilisent deux drive units, 10 millions de moteurs ne signifiaient pas 10 millions de véhicules. Cette fois, Tesla parle bien de voitures complètes produites à l’échelle mondiale.

En Europe et en France, Tesla agit désormais comme un constructeur de masse

Pour le marché européen, et donc français, ce seuil confirme un changement de statut : Tesla n’est plus seulement un acteur pionnier de l’électrique, mais un constructeur de masse capable d’alimenter le continent en volumes importants. Berlin et Shanghai jouent ici un rôle central pour la Model Y et la Model 3.

La Model Y reste l’un des modèles électriques les plus visibles sur le marché. En France, des données de ventes récentes la situent autour de 19 200 unités sur une période de référence, derrière la Renault 5 E-Tech à environ 38 000, mais devant plusieurs autres compactes et SUV électriques. Ces chiffres doivent être lus comme des ordres de grandeur, pas comme un total annuel définitif.

La concurrence locale s’organise autour de modèles plus accessibles, comme la Renault 5 E-Tech, la Citroën ë-C3 ou les Peugeot e-208 et e-2008. Face à eux, Tesla conserve deux atouts : l’échelle industrielle et la capacité à ajuster ses prix. Le rapport souligne que les baisses tarifaires répétées sur la Model Y ont largement contribué à en faire un best-seller sur plusieurs marchés.

Cette taille critique compte aussi sur le plan logiciel. Une base installée mondiale de 10 millions de véhicules donne à Tesla une échelle difficile à reproduire, en particulier pour la collecte de données, la télémétrie et l’entraînement des systèmes liés à la conduite assistée. Pour les groupes européens, le défi n’est donc pas seulement industriel, mais aussi logiciel.

La prochaine étape à surveiller sera moins symbolique que celle de Fremont, mais plus décisive : la capacité de Tesla à maintenir un rythme suffisant pour viser les 20 millions de véhicules évoqués dans le plan de rémunération d’Elon Musk, tout en rapprochant des objectifs encore beaucoup plus lointains sur le FSD, Optimus et les robotaxis.

techpi avatar Albert
Albert

Journaliste tech depuis 2013, je suis Albert et je décrypte l'actualité high-tech pour la rendre claire et utile au quotidien. Spécialisé dans le hardware, les objets connectés et le gaming, je teste également les logiciels et les outils d'intelligence artificielle qui changent nos usages. Aussi fasciné par l'écosystème Apple que par les configurations PC les plus underground. Passé par plusieurs rédactions de référence comme MacPlus et Phonandroid, je mets cette expérience au service de tests transparents, impartiaux et ancrés dans un usage 100 % réel.
Contactez : contact@techpi.fr

Articles: 464