SpaceX a acheté 269 millions de dollars de Tesla Megapacks en avril 2026, selon l’amendement du document S‑1 déposé auprès de la SEC. Le même document indique que xAI a obtenu pour 303 millions de dollars de produits et services Tesla entre le 1er janvier et le 30 avril 2026. En clair, l’essentiel de la dépense sur ces quatre mois s’est concentré sur un seul mois et sur une seule ligne de produit : les batteries stationnaires de Tesla, utilisées pour les centres de données d’IA de xAI.
Ces chiffres officialisent une accélération déjà visible dans les déploiements autour de Colossus, le superordinateur d’IA de xAI à Memphis. Ils confirment aussi l’ampleur des transactions entre entreprises liées dans l’orbite d’Elon Musk : xAI, désormais intégrée comme filiale de SpaceX au début de 2026, apparaît dans les filings comme cliente directe de Tesla pour des accords commerciaux, de licence et de support.
Les achats de Tesla Megapacks par SpaceX/xAI prennent une autre dimension en 2026
Le point solide, juridiquement opposable, reste le S‑1 amendé de SpaceX. Il fixe trois repères. D’abord, 191 millions de dollars de biens et services Tesla pour xAI en 2024. Ensuite, 506 millions de dollars en 2025. Enfin, 303 millions de dollars sur les quatre premiers mois de 2026.
À l’intérieur de ce dernier bloc, le document isole explicitement 269 millions de dollars de Megapacks en avril 2026. Cela laisse 34 millions de dollars pour les achats antérieurs de début d’année, entre janvier et mars. Le contraste est frappant : en un seul mois, xAI a donc engagé près de huit fois plus sur les Megapacks que sur l’ensemble du premier trimestre 2026.
Pour 2025, le S‑1 confirme 506 millions de dollars de biens et services Tesla au total. Des synthèses complémentaires citées dans le rapport attribuent 430 millions de dollars spécifiquement aux Megapacks sur l’année. Ce chiffre n’est pas présenté comme tel dans le S‑1, mais il revient de façon convergente dans les analyses adossées aux communications Tesla/xAI. La distinction compte : 506 millions de dollars est le montant officiellement confirmé pour l’ensemble des achats Tesla, pas seulement pour les batteries.
En consolidant les chiffres officiels et les agrégats repris dans le rapport, les achats de Megapacks par SpaceX/xAI atteignent environ 699 à 700 millions de dollars depuis 2024. Ce total relève d’une lecture analytique des filings, pas d’une ligne unique inscrite telle quelle dans le S‑1. Mais la tendance, elle, ne fait guère de doute : les batteries de Tesla sont devenues une brique majeure de l’infrastructure IA de xAI.
À Memphis, les Tesla Megapacks servent de tampon électrique pour Colossus
La destination de ces Megapacks est identifiée dans le rapport : les data centers d’IA Colossus à Memphis. La première phase du site s’appuie sur environ 156 Megapacks, avec 150 MW de capacité de stockage de secours. Colossus 2 a ensuite reçu 168 Megapacks supplémentaires. Des visuels publiés par xAI et des analyses techniques aboutissent à un total d’environ 420 Megapacks dédiés aux opérations d’IA.
Ce dernier total n’est pas, lui, formalisé dans le S‑1. Le rapport le classe comme quasi officiel, car il résulte de communications publiques et de calculs externes convergents. Même prudence sur la capacité cumulée : en prenant pour base les spécifications de la génération actuelle, soit 3,9 MWh et 1,9 MW par unité, l’ensemble approcherait 1,64 GWh de stockage et près de 800 MW de puissance de pointe. C’est une extrapolation technique, pas un chiffre consolidé par un document financier unique.
Le rôle de ces batteries, en revanche, est bien documenté. Des documents techniques partenaires décrivent des fluctuations de puissance à l’échelle de la milliseconde lorsque des dizaines de milliers de GPU montent en charge. Dans cette architecture, les Megapacks s’intercalent entre les sources d’énergie et les racks de calcul. Ils absorbent les pics, lissent les micro-coupures et prennent le relais le temps que le réseau ou d’autres équipements montent en charge.
Autrement dit, xAI n’utilise pas les Megapacks comme un simple secours classique. Le rapport décrit plutôt une logique de “substation tampon” : stocker en dehors des pointes, restituer au moment où les GPU réclament brutalement de la puissance, et limiter au passage la pression sur le réseau local.
Le S‑1 éclaire l’intégration verticale entre SpaceX, xAI et Tesla
Le document de la SEC ne raconte pas seulement une histoire de batteries. Il met aussi en lumière la manière dont les sociétés d’Elon Musk s’achètent mutuellement produits et services. Le S‑1 précise qu’xAI est partie à des accords commerciaux, de licence et de support avec Tesla, et l’intégration de la start-up comme filiale de SpaceX au début de 2026 fait remonter ces flux dans les filings de SpaceX.
Les Megapacks sont la partie la plus visible, mais pas la seule. Le rapport rappelle aussi des achats de Cybertrucks par SpaceX, présentés comme minoritaires face aux dépenses énergétiques. Des agrégats de presse économique, fondés sur les filings, évoquent 890 millions de dollars de véhicules et batteries Tesla vendus à SpaceX/xAI sur 2024–2025. Ce total n’apparaît pas tel quel dans le S‑1 : il faut donc le lire comme une consolidation externe, proche des données officielles sans être une ligne officielle en soi.
Cette mécanique alimente une critique récurrente : celle d’un argent qui circule entre sociétés liées. Le fait des transactions, lui, est établi. L’interprétation est plus politique. D’un côté, Tesla sécurise des revenus importants sur Megapack. De l’autre, SpaceX et xAI s’équipent au sein du même écosystème technologique. Le rapport ne va pas plus loin, mais il montre à quel point cette intégration s’est épaissie depuis 2024.
Gaz, réseau et montée en puissance : ce que montrent les déploiements autour de Colossus
Le rapport rappelle un autre point de tension à Memphis : le recours aux turbines au gaz naturel pour alimenter le site. Les autorités locales ont critiqué les émissions d’oxydes d’azote liées à ces équipements. Dans ce contexte, l’extension du parc de Megapacks est présentée comme une réponse partielle : les batteries permettraient de réduire le recours continu aux turbines et de les cantonner davantage à un rôle de secours.
Sur ce terrain, il faut distinguer les niveaux de preuve. Les critiques locales sont attestées. En revanche, certains montants évoqués pour les turbines ou certaines projections environnementales viennent d’enquêtes et de reportages, pas du S‑1. Même chose pour les affirmations selon lesquelles Colossus 2 serait la plus grande installation mondiale de Megapacks dédiée à un data center : le rapport classe cela du côté de la communication et de l’analyse spécialisée, pas de la confirmation réglementaire indépendante.
Ce qui est certain, en revanche, c’est la vitesse de déploiement. Entre 191 millions de dollars d’achats Tesla en 2024, 506 millions en 2025 et déjà 303 millions sur les quatre premiers mois de 2026, le rythme s’accélère. Si cette cadence se maintient, le cumul des achats de Megapacks par SpaceX/xAI devrait continuer de grimper rapidement au-delà des 699–700 millions de dollars déjà reconstitués depuis 2024.
Le prochain point à surveiller est donc simple : les mises à jour réglementaires de SpaceX et les futurs filings de Tesla diront si le pic d’avril 2026 était un achat ponctuel, ou le début d’un nouveau palier pour les data centers de xAI à Memphis.








