Anduril viserait 100 milliards de dollars, un niveau inédit pour la défense IA

Anduril discuterait d’une nouvelle levée de fonds sur la base d’une valorisation de 100 milliards de dollars, selon des informations de marché rapportées le 24 juillet 2026. Si elle se concrétise, l’opération propulserait la société américaine de défense autonome bien au-delà des 61 milliards de dollars officialisés en mai 2026, et plus de trois fois au-dessus de son niveau de juin 2025. À ce stade, rien n’a été confirmé publiquement par l’entreprise.

Le chiffre frappe d’abord par sa vitesse. En juin 2025, Anduril avait bouclé une série G de 2,5 milliards de dollars pour une valorisation post-money de 30,5 milliards. Onze mois plus tard, en mai 2026, la société officialisait une série H de 5 milliards de dollars, menée par Thrive Capital et Andreessen Horowitz, qui la portait à 61 milliards. Le cap évoqué aujourd’hui — environ 100 milliards de dollars, soit autour de 92 à 93 milliards d’euros — représenterait encore une hausse d’environ 64 % par rapport à cette dernière référence confirmée.

Sur deux ans, la trajectoire est encore plus spectaculaire. Des sources investisseurs situaient Anduril autour de 14 milliards de dollars en 2024. Le passage éventuel à 100 milliards placerait donc l’entreprise sur un ordre de grandeur de x7 en à peine deux ans. Pour une société encore non cotée, le rythme sort clairement des standards, y compris dans la tech.

Anduril à 100 milliards de dollars : une accélération après deux levées déjà hors norme

Les tours précédents avaient déjà donné la mesure de l’appétit des fonds. La série G de juin 2025 avait été marquée par un investissement de 1 milliard de dollars de Founders Fund, présenté comme le plus gros chèque jamais signé par le fonds. L’opération était décrite comme huit fois sursouscrite, signe d’une compétition intense pour entrer au capital.

La série H de mai 2026 a encore changé d’échelle. Avec 5 milliards de dollars levés et une valorisation doublée à 61 milliards, Anduril a confirmé qu’elle pouvait mobiliser des montants habituellement réservés aux très grandes entreprises technologiques. L’entreprise a alors indiqué avoir levé plus de 11 milliards de dollars depuis sa création.

Cette montée en puissance s’appuie aussi sur ses revenus. Des analyses citées dans le rapport estiment qu’Anduril aurait doublé son chiffre d’affaires en 2024 pour atteindre environ 1 milliard de dollars. Ce niveau reste très inférieur à celui des grands groupes de défense historiques, mais il suffit à nourrir une lecture de croissance rapide, dopée par les contrats militaires et par une prime accordée aux logiciels, à l’autonomie et à l’IA.

Le montage évoqué serait inhabituel : une tranche à 61 milliards, une autre à 100

Le point le plus singulier des discussions en cours n’est pas seulement la valorisation affichée. Plusieurs sources décrivent une structure en deux temps. Une première tranche serait levée au niveau de la valorisation actuelle, soit autour de 61 milliards de dollars. Une seconde serait prévue à environ 100 milliards, sous réserve d’objectifs financiers à atteindre dans les douze mois.

Autrement dit, les investisseurs sécuriseraient une entrée immédiate sur la base du dernier prix confirmé, tout en s’engageant potentiellement sur un second financement plus cher si Anduril remplit certains critères. Les paramètres cités portent sur le chiffre d’affaires, la marge opérationnelle ou encore l’obtention de contrats majeurs avec le Department of Defense et des alliés.

Ce schéma reste une rumeur détaillée, pas un document public entériné. Mais il dit quelque chose du moment de marché. Pour les fonds, le dispositif permettrait de ne pas payer tout de suite une valorisation maximale sans renoncer à un dossier jugé stratégique. Pour Anduril, il offrirait la possibilité de verrouiller des engagements de capitaux massifs tout en gardant une trajectoire de prix très haute.

À ce niveau, Anduril se rapprocherait des grands noms cotés de la défense

Une valorisation de 100 milliards de dollars placerait Anduril dans la même zone que des groupes cotés comme Northrop Grumman ou Lockheed Martin, selon les comparaisons citées par les personnes proches du dossier. C’est là que le dossier devient particulièrement atypique : ces entreprises historiques opèrent à une toute autre échelle en chiffre d’affaires, alors qu’Anduril évoluerait encore autour du milliard de revenus en 2024.

L’écart s’explique par la nature du pari. Anduril se présente comme une entreprise de défense centrée sur l’autonomie et les systèmes pilotés par IA : radars, capteurs, drones, logiciels de combat collaboratif, outils de surveillance. Le marché semble lui appliquer une prime comparable à celle des grandes sociétés logicielles en hypercroissance, plus qu’aux industriels classiques du secteur.

Le profil du fondateur joue aussi dans cette lecture. Palmer Luckey, connu pour avoir créé Oculus avant sa revente à Facebook, ancre Anduril dans l’écosystème tech américain autant que dans la défense. Le noyau d’investisseurs suit la même logique, avec Founders Fund, Thrive Capital et Andreessen Horowitz parmi les noms les plus exposés.

Pour le marché européen, et français en particulier, cette puissance financière change l’équation. À 61 milliards de dollars de valorisation et avec plus de 11 milliards levés, Anduril dispose déjà d’une force de frappe en R&D et en déploiement que peu de startups de défense peuvent revendiquer. À 100 milliards, la société se rapprocherait encore davantage des échelles de financement des grands programmes, avec un modèle logiciel et modulaire susceptible de concurrencer les approches plus traditionnelles. Sur les enjeux de souveraineté, nos articles sur TechPi suivent justement cette recomposition entre industriels historiques et nouveaux entrants dopés au capital-risque.

La levée à 100 milliards repousserait encore un peu plus l’IPO

Des analyses de marché évoquent depuis plusieurs mois une préparation d’introduction en Bourse, sans dossier officiel déposé à ce stade. La fenêtre envisagée allait de fin 2025 à 2026, avec des estimations de valorisation à l’IPO comprises entre 40 et 90 milliards de dollars selon la croissance des revenus et des contrats. Le scénario discuté aujourd’hui placerait déjà le groupe au-dessus du haut de cette fourchette.

Palmer Luckey a déjà indiqué qu’une IPO était probable, mais non urgente. La logique devient plus lisible au fil des tours : tant que le marché privé accepte des financements massifs à des niveaux quasi boursiers, Anduril peut différer son arrivée sur les marchés publics et négocier des structures sur mesure, loin des contraintes de publication trimestrielle imposées aux sociétés cotées.

La prochaine étape à surveiller est donc simple : savoir si ces discussions débouchent sur une annonce formelle, et sous quelle forme. Le montant exact de la levée, l’existence ou non d’un montage en deux tranches, ainsi que l’arrivée éventuelle de nouveaux investisseurs diront si Anduril transforme cette rumeur en nouveau palier historique. Le point de départ reste, pour l’instant, des pourparlers en cours, mais toujours pas de confirmation officielle.

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Albert

Journaliste tech depuis 2013, je suis Albert et je décrypte l'actualité high-tech pour la rendre claire et utile au quotidien. Spécialisé dans le hardware, les objets connectés et le gaming, je suis autant fasciné par l'écosystème Apple que par les configurations PC les plus underground. Passé par plusieurs rédactions de référence comme MacPlus et Phonandroid, je mets cette expérience au service de tests transparents, impartiaux et ancrés dans un usage 100 % réel.
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