Anthropic signe 35 milliards $ de calcul chez Lambda : Nvidia est partout dans le montage

Anthropic continue sa course gigantesque à la puissance de calcul. Selon Reuters, le créateur de Claude a conclu un accord d’environ 35 milliards de dollars avec Lambda pour louer des infrastructures IA dans un nouveau centre de données au Texas. Présenter l’opération comme un contrat directement signé avec Nvidia serait toutefois inexact : le client d’Anthropic est Lambda, un fournisseur cloud soutenu financièrement par Nvidia. Le géant des GPU est néanmoins présent partout dans le montage : Lambda utilisera ses accélérateurs et Nvidia détiendrait également le bail du centre de données construit par Hut 8. L’accord intervient quelques jours après un autre contrat de 45 milliards de dollars signé avec Nscale.

Ce qu’il faut retenir

  • Anthropic aurait signé un contrat cloud d’environ 35 milliards de dollars.
  • Le contrat est conclu avec Lambda, pas directement avec Nvidia.
  • Lambda est soutenu financièrement par Nvidia et déploie des infrastructures reposant sur ses GPU.
  • Le projet concerne un data center situé dans le comté de Nueces, au Texas.
  • La capacité concernée est d’environ 350 MW.
  • Le site est développé par Hut 8.
  • Nvidia détiendrait le bail de l’infrastructure selon les sources citées.
  • Le contrat porterait sur environ six ans.
  • Anthropic vient également de conclure un contrat de 45 milliards de dollars avec Nscale.
  • Ni Anthropic, ni Nvidia, ni Lambda, ni Hut 8 n’ont publiquement détaillé le contrat de 35 milliards au moment de notre vérification.

35 milliards de dollars pour davantage de puissance derrière Claude

Claude coûte extrêmement cher à entraîner et à faire fonctionner.

À mesure que Claude Code et les nouveaux modèles d’Anthropic gagnent des utilisateurs, l’entreprise doit sécuriser des quantités toujours plus importantes de GPU.

Reuters rapporte donc un nouvel accord portant sur environ 35 milliards de dollars de capacité cloud.

La puissance sera fournie par Lambda.

Le contrat durerait environ six ans selon une source proche du dossier citée par l’AFP.

Nvidia n’est pas le cocontractant d’Anthropic

C’est la première nuance importante.

Le titre « Anthropic signe 35 milliards avec Nvidia » simplifie excessivement le dossier.

Anthropic loue ses ressources à Lambda.

Lambda est néanmoins un acteur extrêmement proche de Nvidia.

Nvidia a investi dans l’entreprise, qui construit son activité cloud autour de ses accélérateurs GPU.

Lambda prépare notamment des clusters basés sur la génération Vera Rubin.

Un data center de 350 MW au Texas

L’infrastructure est située dans le comté de Nueces, au Texas.

Elle est développée par Hut 8, entreprise historiquement liée au minage de cryptomonnaies qui s’est massivement repositionnée vers les centres de données IA.

Le projet représente environ 350 mégawatts de capacité informatique.

À cette échelle, le centre ne ressemble plus à une simple salle de serveurs : il s’agit d’une véritable usine numérique nécessitant une alimentation électrique comparable à celle d’une infrastructure industrielle majeure.

Nvidia serait aussi titulaire du bail

Le montage financier est particulièrement intéressant.

Selon les informations rapportées par Reuters et le Wall Street Journal, Nvidia aurait sécurisé la capacité immobilière auprès de Hut 8.

Lambda utilise ensuite le site pour installer des GPU achetés auprès de Nvidia avant de louer cette puissance à Anthropic.

La chaîne devient donc :

Hut 8 → Nvidia → Lambda → Anthropic.

Nvidia intervient simultanément comme fournisseur technologique, investisseur de Lambda et acteur central de l’infrastructure.

Un exemple spectaculaire de l’économie circulaire de l’IA

Ce type de montage nourrit un débat croissant à Wall Street.

Nvidia vend des GPU aux entreprises qui construisent des clouds IA.

Le groupe investit parfois dans ces mêmes sociétés ou soutient leurs financements.

Ces clouds signent ensuite de gigantesques contrats avec des laboratoires qui ont eux-mêmes besoin de dizaines de milliards de dollars de calcul Nvidia.

Cela ne signifie pas que la demande est artificielle.

Mais la multiplication des liens financiers rend de plus en plus difficile la distinction entre fournisseur, investisseur, financeur et client final.

Anthropic vient déjà de signer 45 milliards avec Nscale

Le contrat Lambda arrive quelques jours après une autre annonce monumentale.

Anthropic s’est également engagé à louer environ 45 milliards de dollars de ressources auprès du britannique Nscale sur six ans.

Cette infrastructure doit être installée en Virginie-Occidentale avec environ 460 MW de capacité et des systèmes Nvidia Vera Rubin.

En quelques jours, ce sont donc près de 80 milliards de dollars de contrats cloud rapportés autour d’Anthropic.

Il faut toutefois éviter d’additionner mécaniquement tous les accords annoncés par l’entreprise comme s’il s’agissait de dépenses immédiatement payées : les engagements portent sur plusieurs années et peuvent avoir des structures financières différentes.

Anthropic a également sécurisé jusqu’à 5 GW chez Amazon

Le laboratoire ne dépend pas uniquement de Nvidia.

Anthropic a officiellement annoncé en avril un accord avec Amazon portant sur jusqu’à 5 GW de capacité et plus de 100 milliards de dollars d’engagements sur dix ans autour des technologies AWS.

Cette infrastructure utilise notamment les accélérateurs Trainium conçus par Amazon.

Anthropic cherche donc volontairement à diversifier ses fournisseurs.

Pourquoi autant de puissance ?

La demande vient de deux phénomènes simultanés.

Les modèles deviennent toujours plus coûteux à entraîner, mais l’inférence devient elle aussi un énorme poste de dépenses.

Les agents comme Claude Code peuvent produire des milliers d’appels de modèle pendant une seule tâche complexe.

Un utilisateur peut ainsi consommer beaucoup plus de calcul qu’avec un chatbot classique répondant à quelques questions.

TechPi suit régulièrement cette évolution dans nos articles consacrés à Anthropic et aux nouveaux modèles Claude.

La bataille de l’IA devient une bataille énergétique

Les montants donnent surtout une idée du changement d’échelle.

La concurrence entre OpenAI, Anthropic, Google et Meta n’est plus uniquement une guerre de chercheurs et d’algorithmes.

C’est désormais une compétition pour réserver :

  • les GPU ;
  • la mémoire HBM ;
  • les data centers ;
  • les transformateurs électriques ;
  • les gigawatts nécessaires pour les alimenter.

Anthropic n’a donc pas signé directement 35 milliards de dollars avec Nvidia. Mais Nvidia est tellement présent dans toute la chaîne que la nuance devient presque la partie la plus intéressante de l’histoire.

Sources

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Albert

Journaliste tech depuis 2013, je suis Albert et je décrypte l'actualité high-tech pour la rendre claire et utile au quotidien. Spécialisé dans le hardware, les objets connectés et le gaming, je teste également les logiciels et les outils d'intelligence artificielle qui changent nos usages. Aussi fasciné par l'écosystème Apple que par les configurations PC les plus underground. Passé par plusieurs rédactions de référence comme MacPlus et Phonandroid, je mets cette expérience au service de tests transparents, impartiaux et ancrés dans un usage 100 % réel.
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