Home Assistant a longtemps traîné une réputation de solution réservée aux passionnés capables de consacrer un week-end à leur serveur domotique. Le Home Assistant Green change largement cette image : le système est déjà installé, le boîtier se branche en Ethernet et l’on peut commencer à intégrer ses appareils sans monter un Raspberry Pi ni préparer soi-même le stockage.
Associé au Home Assistant Connect ZBT-2, le Green devient beaucoup plus intéressant pour une maison équipée en Zigbee. Le nouvel adaptateur ajoute une radio Zigbee 3.0 ou Thread, une antenne dédiée et une intégration directe dans Home Assistant. Le duo mise moins sur la simplicité absolue d’un Homey que sur la liberté : automatisations très poussées, fonctionnement local, immense choix d’intégrations et contrôle très fin de la maison.
Nous l’avons confronté à la même installation que nos tests Homey, avec des éclairages Philips Hue, des équipements multimédias, une Apple TV, une caméra Imou, un thermostat connecté et différents capteurs. Le résultat est excellent une fois la configuration maîtrisée. Home Assistant reste plus exigeant qu’une box grand public, mais le Green élimine déjà une bonne partie de la complexité matérielle. À 234,39 € pour le Green et 88 € pour le ZBT-2, soit 322,39 € l’ensemble, le prix impose toutefois d’être certain de vouloir profiter de cette liberté.
Contexte et conditions du test
Nous avons repris le même environnement domotique que pour nos tests Homey afin de juger le Green sur des usages concrets : éclairages Philips Hue, téléviseur et home cinéma Philips, Apple TV, caméra Imou, thermostat connecté, détecteurs d’ouverture et différents automatismes du logement.
L’objectif n’était pas seulement de vérifier que les appareils apparaissaient dans l’interface. Nous avons surtout évalué la rapidité des commandes, la stabilité des intégrations, la création d’automatisations mêlant plusieurs marques et la facilité avec laquelle Home Assistant peut réellement remplacer une collection d’applications séparées.
Un Home Assistant prêt à démarrer

Dans la boîte du Home Assistant Green, on retrouve le boîtier, son alimentation avec plusieurs adaptateurs de prise et un câble Ethernet. Tout le nécessaire est donc fourni pour commencer immédiatement, à condition d’avoir un port Ethernet disponible sur son routeur ou son switch.

Le boîtier lui-même est très différent des box domotiques noires habituelles. Sa coque en polycarbonate translucide laisse apparaître la carte électronique, tandis qu’un dissipateur en aluminium anodisé occupe la partie inférieure. Ce choix donne au Green une personnalité assez technique, mais le format de 112 × 112 × 32 mm reste suffisamment compact pour l’oublier près du routeur.

Caractéristiques techniques
| Configuration testée | Home Assistant Green + Home Assistant Connect ZBT-2 |
|---|---|
| Processeur du Green | Rockchip RK3566, 4 cœurs ARM Cortex-A55 à 1,8 GHz |
| Mémoire vive | 4 Go LPDDR4X |
| Stockage | 32 Go eMMC |
| Réseau | Ethernet Gigabit |
| USB | 2 × USB-A 2.0 |
| Sortie HDMI | Diagnostic uniquement |
| Consommation du Green | Environ 1,7 W au repos, jusqu’à environ 3 W en charge |
| Dimensions du Green | 112 × 112 × 32 mm |
| Poids du Green | 340 g |
| Connect ZBT-2 | Silicon Labs MG24 + ESP32-S3 |
| Protocoles du ZBT-2 | Zigbee 3.0 ou Thread |
| Débit série du ZBT-2 | 460 800 bauds |
| Connexion du ZBT-2 | USB-C, câble 1,5 m fourni |
| Dimensions du ZBT-2 | 83 × 83 × 179 mm |
| Prix Home Assistant Green | 234,39 € |
| Prix Connect ZBT-2 | 88 € |
| Prix de l’ensemble | 322,39 € |
Une connectique simple et pensée pour rester en place

Le Green ne cherche pas à multiplier les interfaces. Sa connexion réseau passe obligatoirement par l’Ethernet Gigabit. Pour une box domotique qui reste allumée en permanence, ce choix nous paraît cohérent : la liaison est stable, prévisible et ne dépend pas de la qualité du Wi-Fi à l’endroit où la box est installée.
Les deux ports USB-A servent surtout à ajouter les radios absentes du Green. C’est précisément le rôle du Connect ZBT-2 pour Zigbee ou Thread. Cette conception modulaire permet d’ajouter uniquement les protocoles dont on a besoin, mais elle signifie aussi que le Green n’est pas une box radio complète dès la sortie du carton.
Connect ZBT-2 : le complément presque indispensable pour Zigbee

Le Connect ZBT-2 est nettement plus imposant qu’une simple clé USB. Sa grande antenne n’est pas là uniquement pour le design : elle est conçue pour optimiser la couverture radio en 2,4 GHz. Le câble USB de 1,5 m permet aussi de l’éloigner du Green, du routeur et des autres sources d’interférences.


L’adaptateur s’appuie sur une puce Silicon Labs MG24 et communique avec Home Assistant à 460 800 bauds. Dans la pratique, les commandes Zigbee restent très réactives et le réseau se montre stable une fois l’antenne correctement placée. La configuration est aussi beaucoup plus propre qu’avec une clé générique : Home Assistant reconnaît son propre matériel et guide directement sa mise en service.

Il faut en revanche connaître une limitation importante : un même ZBT-2 fonctionne soit en Zigbee, soit en Thread, mais pas avec les deux protocoles simultanément. Pour une maison majoritairement Zigbee, le choix est simple. Pour gérer à la fois un réseau Zigbee direct et un réseau Thread Home Assistant, il faut un second adaptateur ou s’appuyer sur un autre routeur de bordure Thread déjà présent dans le logement.
Installation : le Green enlève la partie la plus pénible
Le vrai progrès du Home Assistant Green se voit dès la première mise en route. Il n’y a ni image système à télécharger, ni carte SD à préparer, ni machine virtuelle à créer. On branche l’alimentation et l’Ethernet, puis l’interface accompagne la création du compte local et la détection des premiers appareils.
Cette simplicité ne transforme pas pour autant Home Assistant en produit entièrement grand public. Ajouter une intégration Philips Hue ou Apple TV est facile, mais certaines configurations demandent encore de comprendre la différence entre appareil, entité, intégration, automatisation, scène ou tableau de bord. Le Green facilite l’accès au système ; il ne gomme pas sa profondeur.
C’est précisément ce que nous avons retrouvé en reprenant l’installation utilisée avec Homey. La première heure est plus dense, mais une fois les principales intégrations en place, Home Assistant devient extrêmement cohérent. Les équipements de marques différentes apparaissent au même endroit et peuvent être combinés sans se soucier de l’application d’origine.
Une interface beaucoup plus accessible qu’avant
Home Assistant a énormément progressé sur son interface. La détection automatique des appareils du réseau local fonctionne bien et l’écran des intégrations permet de comprendre assez vite ce qui est connecté. Les tableaux de bord sont également devenus beaucoup plus simples à composer sans écrire de configuration manuelle.
On reste toutefois face à un outil plus technique que Homey. Homey cherche à masquer un maximum de concepts derrière une interface uniforme ; Home Assistant donne davantage de contrôle et expose plus clairement ce qui se passe derrière chaque intégration. Pour un utilisateur qui aime comprendre et personnaliser son installation, c’est une qualité. Pour celui qui veut simplement brancher une box et ne plus toucher aux réglages, cela peut devenir une contrainte.
Les automatisations sont le vrai terrain de jeu de Home Assistant
C’est lorsque plusieurs marques commencent à travailler ensemble que Home Assistant justifie réellement son installation. Les automatisations peuvent prendre en compte des états, des horaires, la présence, des capteurs, des conditions multiples ou des événements provenant d’intégrations totalement différentes.
Dans notre installation, le principe est le même qu’avec les Advanced Flows de Homey : une information provenant d’un détecteur peut commander des éclairages, un appareil multimédia ou modifier un état ailleurs dans la maison. Home Assistant va cependant plus loin dans la personnalisation, au prix d’une interface d’automatisation un peu moins immédiatement lisible pour un débutant.
Les utilisateurs avancés peuvent encore pousser le système avec les scripts, les modèles, les helpers, les blueprints et une très grande quantité d’intégrations communautaires. Le Green n’impose pratiquement pas de plafond logiciel à une installation domestique classique.
Le Green est largement assez rapide pour une maison connectée
Le Rockchip RK3566 et ses quatre cœurs Cortex-A55 à 1,8 GHz ne font pas du Green un mini-PC haut de gamme. Ce n’est pas son objectif. Avec 4 Go de RAM et 32 Go de stockage eMMC, il dispose toutefois d’une base très saine pour Home Assistant OS, les intégrations courantes, les automatisations et plusieurs extensions.
Dans notre usage, l’interface reste réactive, les changements d’état apparaissent rapidement et les automatisations se déclenchent sans délai gênant. Le refroidissement passif évite également tout bruit de ventilateur et le boîtier ne demande aucune attention particulière une fois installé.
Les limites apparaîtront surtout si l’on tente de transformer le Green en serveur polyvalent : vidéo lourde, nombreuses extensions gourmandes, très grosse base de données ou traitements qui dépassent la domotique. Pour centraliser une maison et faire tourner Home Assistant proprement, sa puissance est en revanche bien dimensionnée.
Le local et l’ouverture font toute la différence
Home Assistant garde un avantage majeur : le cœur du système fonctionne localement. Les automatisations, l’historique, les états et une grande partie des commandes restent dans le logement. Les appareils qui disposent d’une intégration locale continuent donc à fonctionner sans dépendre en permanence d’un service distant.
Le système n’impose pas non plus d’abonnement pour fonctionner. Un service Home Assistant Cloud existe pour simplifier l’accès à distance et certaines intégrations vocales, mais il n’est pas indispensable à l’usage local du Green.
Cette philosophie ouverte permet aussi de changer progressivement d’écosystème. On peut garder ses ponts existants, connecter certains appareils directement, puis faire évoluer l’installation à son rythme. C’est moins uniforme qu’une box fermée, mais beaucoup plus souple sur la durée.
Le duo Green + ZBT-2 ne remplace pas toutes les radios
Le point à bien comprendre avant l’achat est que le ZBT-2 ne transforme pas le Green en box universelle. Il apporte Zigbee ou Thread. Il ne gère pas le Z-Wave, le 433 MHz ou l’infrarouge.
Dans une installation comme la nôtre, cela compte particulièrement pour les modules Fibaro en Z-Wave. Contrairement au duo Homey Pro mini + Homey Bridge, Green + ZBT-2 ne peut pas les piloter directement sans ajouter une radio Z-Wave ou conserver une passerelle compatible.
Cette modularité peut être vue comme une force : chacun ajoute uniquement le matériel dont il a besoin. Mais elle fait rapidement augmenter la facture et le nombre d’accessoires autour du Green lorsqu’une maison mélange plusieurs protocoles radio.
Face à Homey : moins immédiat, mais beaucoup plus libre
Après avoir utilisé les deux approches dans le même logement, la différence est claire. Homey reste plus simple à prendre en main. Les appareils, les Flows et les protocoles sont présentés de façon très cohérente, et la box demande peu de connaissances pour être utilisée correctement.
Home Assistant demande davantage d’investissement au départ, mais offre une liberté supérieure. Les possibilités de personnalisation sont immenses, la communauté produit un nombre considérable d’intégrations et le système laisse beaucoup plus de choix sur le matériel, les interfaces et la manière dont les données sont conservées.
Pour quelqu’un qui veut une box domotique très accessible, Homey reste plus rassurant. Pour quelqu’un qui accepte d’apprendre un peu afin de construire exactement la maison connectée qu’il souhaite, Home Assistant est difficile à battre.
Le prix change une partie de l’équation
Le Home Assistant Green est proposé ici à 234,39 € et le Connect ZBT-2 à 88 €. Le total atteint donc 322,39 €.
À ce niveau de prix, le duo n’est plus une petite box économique destinée uniquement à découvrir Home Assistant. Il se rapproche du tarif de solutions plus intégrées et il faut encore prévoir un adaptateur supplémentaire si l’installation utilise du Z-Wave.
Le Home Assistant Green est disponible à 234,39 € sur Amazon.
Le Home Assistant Connect ZBT-2 est disponible à 88 € sur Amazon.
Points forts
- Home Assistant OS prêt à l’emploi
- Fonctionnement local et philosophie ouverte
- Automatisations extrêmement puissantes
- Très grand choix d’intégrations
- Performances largement suffisantes pour une installation domestique
- Ethernet Gigabit stable
- ZBT-2 très bien intégré à Home Assistant
- Bonne réactivité du réseau Zigbee
- Aucun abonnement obligatoire
Réserves
- Prise en main plus technique que Homey
- ZBT-2 limité à Zigbee ou Thread à un instant donné
- Pas de Z-Wave dans cette configuration
- Ethernet obligatoire sur le Green
- Prix élevé de l’ensemble aux tarifs testés
- Les possibilités immenses peuvent devenir intimidantes au début
Verdict
Le Home Assistant Green accompagné du Connect ZBT-2 est une excellente porte d’entrée vers Home Assistant pour qui veut éviter de construire son propre serveur. Le matériel est stable, suffisamment puissant et totalement silencieux, tandis que le ZBT-2 apporte une intégration Zigbee propre et très réactive.
La vraie force reste le logiciel. Home Assistant peut réunir un nombre impressionnant de marques, tout faire fonctionner localement et construire des automatisations beaucoup plus poussées que celles de la plupart des écosystèmes grand public. Le revers est une prise en main plus exigeante que Homey et une architecture radio à compléter selon ses besoins.
À 322,39 € l’ensemble, la facture est suffisamment élevée pour que l’absence de Z-Wave et l’impossibilité d’utiliser Zigbee et Thread simultanément sur un seul ZBT-2 deviennent de vraies réserves. Mais si l’objectif est de construire une maison connectée ouverte, locale et extrêmement personnalisable, le duo reste l’une des solutions les plus convaincantes.
Le Green simplifie Home Assistant sans lui retirer ce qui fait sa force : la liberté de construire sa domotique exactement comme on l’entend.
| Critère | Note |
|---|---|
| Automatisations et personnalisation | 9,5 / 10 |
| Interface et gestion quotidienne | 8,5 / 10 |
| Compatibilité et intégrations | 9,5 / 10 |
| Performances et stabilité | 9 / 10 |
| Installation et accessibilité | 7,5 / 10 |
| Rapport qualité-prix | 7 / 10 |
| Moyenne | 8,5 / 10 |
Sur notre échelle, 5 / 10 correspond à un produit moyen, 8 / 10 à un très bon produit et 9 / 10 à une excellente référence dont les réserves ne remettent pas en cause la recommandation.
Note finale : 8,5 / 10
À qui s’adresse Home Assistant Green avec le ZBT-2 ?
Cette configuration convient particulièrement aux utilisateurs qui veulent centraliser plusieurs marques sans dépendre d’un écosystème fermé, garder un maximum de traitements en local et créer des automatisations avancées sans monter eux-mêmes un serveur Home Assistant.
Elle est également pertinente pour une maison principalement équipée en Zigbee. Les utilisateurs qui mélangent Zigbee, Thread et Z-Wave devront en revanche prévoir plusieurs radios, ce qui rend l’ensemble moins simple et plus coûteux.
Pour une personne qui ne souhaite jamais toucher à des réglages techniques, Homey reste plus facile. Pour celle qui veut apprendre et disposer ensuite d’une liberté presque totale, Home Assistant Green est beaucoup plus intéressant.
FAQ
Le Home Assistant Green fonctionne-t-il sans Connect ZBT-2 ?
Oui. Le Green peut utiliser les appareils accessibles sur le réseau local et de nombreuses intégrations cloud ou IP. Le ZBT-2 est nécessaire si l’on veut créer directement un réseau Zigbee ou Thread avec Home Assistant.
Le Connect ZBT-2 gère-t-il Zigbee et Thread en même temps ?
Non. Le ZBT-2 doit être dédié soit au Zigbee, soit au Thread. Un second adaptateur ou un autre routeur de bordure est nécessaire pour exploiter les deux simultanément de cette manière.
Le Home Assistant Green possède-t-il le Wi-Fi ?
Non. Le Green se connecte au réseau en Ethernet Gigabit. Ce choix est très stable pour une box fixe mais impose de l’installer à proximité d’une prise réseau.
Peut-on utiliser des appareils Z-Wave avec Green et ZBT-2 ?
Pas directement avec le ZBT-2, qui ne gère que Zigbee ou Thread. Il faut ajouter une radio Z-Wave compatible ou passer par une autre passerelle.
Home Assistant nécessite-t-il un abonnement ?
Non. Home Assistant fonctionne localement sans abonnement obligatoire. Home Assistant Cloud est un service facultatif qui simplifie notamment l’accès distant et certaines intégrations vocales.
Home Assistant Green est-il assez puissant pour une maison complète ?
Oui pour une installation domestique classique ou déjà bien équipée. Ses 4 Go de RAM, son stockage eMMC et son processeur quad-core suffisent largement aux intégrations, tableaux de bord et automatisations courantes.
Home Assistant Green ou Homey ?
Homey est plus simple et plus uniforme dès la première utilisation. Home Assistant demande davantage d’apprentissage, mais offre plus de liberté, d’intégrations et de possibilités de personnalisation.
Peut-on utiliser Philips Hue avec Home Assistant Green ?
Oui. Home Assistant peut intégrer l’écosystème Philips Hue via son pont ou gérer directement des appareils Zigbee compatibles lorsque le ZBT-2 est configuré pour Zigbee.
Notre méthodologie de test
Chez TechPi, nous évaluons une box domotique dans une installation réelle : mise en route, stabilité, compatibilité, rapidité des commandes, qualité de l’interface, automatisations, fonctionnement local et capacité à réunir des équipements de marques différentes.
Pour en savoir plus, consultez notre charte éditoriale et méthodologie de test.








