Computex 2026 : Nvidia, Intel, AMD et Qualcomm redessinent le PC autour de l’IA locale

Entre le lancement du Nvidia RTX Spark, l’arrivée de Qualcomm sur les PC portables abordables, la nouvelle offensive d’Intel sur les consoles-PC et les annonces d’AMD pour les joueurs, le Computex 2026 confirme une tendance majeure : l’intelligence artificielle doit désormais fonctionner directement sur nos appareils.

Le Computex 2026 bat son plein à Taipei. Comme chaque année, le salon taïwanais sert de vitrine aux fabricants de composants, aux marques de PC et aux spécialistes de l’infrastructure. Mais cette édition marque un changement de cap particulièrement visible.

Pendant plusieurs années, les constructeurs ont surtout multiplié les références aux « PC IA » et aux NPU intégrés dans les processeurs. En 2026, le discours devient plus concret. L’objectif n’est plus simplement d’ajouter quelques fonctions d’assistance à Windows. Les industriels veulent permettre aux ordinateurs d’exécuter localement des modèles d’IA plus lourds et des agents capables d’enchaîner plusieurs actions.

Cette évolution concerne aussi bien les ultraportables premium que les mini-PC, les machines accessibles, les consoles-PC portables et les serveurs destinés aux centres de données.

Nvidia RTX Spark : un nouveau type de PC Windows pensé pour les agents IA

L’annonce la plus marquante du salon vient de Nvidia. Avec le RTX Spark, le constructeur ne se contente plus de fournir une carte graphique pour accompagner un processeur Intel ou AMD. Il propose désormais une plateforme complète pour les PC Windows.

Le RTX Spark associe un processeur Arm Nvidia Grace à 20 cœurs, conçu avec la contribution de MediaTek, et un GPU Blackwell doté de 6 144 cœurs CUDA. L’ensemble peut être accompagné de 128 Go de mémoire unifiée et atteindre jusqu’à un pétaflop de performances en IA.

Sur le papier, cette mémoire partagée constitue l’un des principaux arguments de la plateforme. Elle doit permettre d’exécuter localement des modèles de langage comptant jusqu’à 120 milliards de paramètres, mais aussi de travailler sur des scènes 3D imposantes, de monter des vidéos en 12K ou de générer des vidéos en 4K avec l’IA.

Nvidia promet également une expérience gaming solide, avec des jeux AAA en 1440p à plus de 100 images par seconde dans certaines conditions. Les performances réelles devront évidemment être vérifiées lors des futurs tests indépendants.

L’autre enjeu est logiciel. Nvidia travaille avec Microsoft pour intégrer ces agents directement dans Windows, notamment avec de nouveaux mécanismes de sécurité et le runtime OpenShell. L’idée est simple : permettre à un agent local d’effectuer certaines tâches sur le PC tout en laissant à l’utilisateur le contrôle sur les données accessibles et sur les informations éventuellement envoyées vers le cloud.

Les premiers PC portables et ordinateurs compacts équipés du RTX Spark doivent arriver à l’automne chez ASUS, Dell, HP, Lenovo, Microsoft Surface et MSI. Acer et Gigabyte devraient suivre par la suite.

Nvidia prépare aussi l’industrialisation massive de l’IA

Le Computex ne concerne pas uniquement les PC grand public. Nvidia a également annoncé la montée en production de sa plateforme Vera Rubin, destinée aux infrastructures IA de grande taille.

La marque présente Vera Rubin comme une base complète pour les « usines à IA », avec des racks capables de fonctionner ensemble comme un supercalculateur spécialisé dans les agents. Nvidia revendique un débit multiplié par dix pour ce type de charge de travail par rapport à la génération Grace Blackwell.

Cette annonce illustre bien l’approche du constructeur : proposer une architecture cohérente depuis le PC personnel jusqu’aux centres de données capables d’entraîner et d’héberger les modèles les plus exigeants.

Qualcomm veut démocratiser les PC Windows sur Arm avec Snapdragon C

Qualcomm adopte une stratégie différente. Avec la plateforme Snapdragon C, le constructeur vise les ordinateurs portables accessibles, annoncés à partir de 300 dollars.

Le Snapdragon C est pensé pour les usages quotidiens : navigation web, streaming vidéo, visioconférence et bureautique. Qualcomm promet des machines silencieuses, peu énergivores et capables de tenir une journée complète sur batterie. La plateforme intègre également un NPU afin d’apporter des fonctions d’IA locale à des PC plus abordables.

Les premiers modèles doivent être proposés par Acer, HP et Lenovo. Cette offensive est importante, car Windows sur Arm ne se limitera plus uniquement aux machines premium. Il devra aussi prouver qu’il peut convaincre les étudiants, les familles et les petites entreprises avec des ordinateurs simples et correctement positionnés en prix.

Qualcomm étend également sa présence au-delà des PC portables. ASUS a dévoilé l’Ascent QN10, présenté comme le premier mini-PC IA équipé d’un Snapdragon X2 Elite. Il embarque un CPU Oryon à 18 cœurs et un NPU capable d’atteindre 80 TOPS.

Intel Arc G3 : une nouvelle offensive sur les consoles-PC portables

Le marché des consoles-PC portables continue de grandir, et Intel ne veut pas laisser AMD occuper seul le terrain. Le constructeur a présenté les processeurs Intel Arc G3, une nouvelle gamme optimisée pour les appareils de jeu portables.

Ces puces reposent sur la même base technologique que les Core Ultra Series 3 et doivent offrir un meilleur équilibre entre performances graphiques et autonomie. Intel met notamment en avant XeSS 3, sa technologie d’amélioration de l’image par IA, ainsi que la génération de plusieurs images intermédiaires.

Deux machines ont particulièrement attiré l’attention.

La MSI Claw 8 EX AI+ est annoncée comme la première console-PC portable équipée d’un processeur Intel Arc G3 Extreme. Elle dispose d’un écran de 8 pouces à 120 Hz compatible VRR, de sticks et de gâchettes à effet Hall, d’une ergonomie revue et d’un système de retour haptique amélioré.

Acer entre également sur ce marché avec la Predator Atlas 8. Cette machine sous Windows 11 peut recevoir un processeur Intel Arc G3 Extreme avec circuit graphique Arc B390, jusqu’à 24 Go de mémoire LPDDR5X et un SSD PCIe 4.0 de 1 To. Elle possède elle aussi un écran tactile de 8 pouces à 120 Hz, avec VRR, ainsi qu’une batterie pouvant atteindre 80 Wh.

Les premières consoles équipées des processeurs Intel Arc G3 doivent commencer à arriver au cours du mois de juin, avec une disponibilité plus large attendue durant l’année.

AMD mise sur la durée de vie des plateformes et le rapport performances-prix

AMD a profité du Computex pour répondre aux attentes des joueurs qui préfèrent conserver et faire évoluer leur PC plutôt que changer complètement de plateforme.

La marque célèbre les dix ans du socket AM4 avec un Ryzen 7 5800X3D 10th Anniversary Edition. Elle lance également le Ryzen 7 7700X3D, un processeur AM5 à huit cœurs doté de 104 Mo de cache total et d’une fréquence boost pouvant atteindre 4,5 GHz.

L’annonce la plus intéressante pour les utilisateurs qui montent eux-mêmes leur PC concerne toutefois la durée de vie du socket AM5. AMD confirme désormais sa prise en charge jusqu’en 2029. Les acheteurs d’une carte mère AM5 disposent ainsi d’une meilleure visibilité pour leurs futures mises à niveau.

Du côté des cartes graphiques, AMD annonce aussi le lancement mondial de la Radeon RX 9070 GRE, basée sur l’architecture RDNA 4 et pensée pour élargir l’accès au jeu en 1440p.

Les fabricants multiplient les formats

Au-delà des processeurs, le Computex reste également un immense terrain d’expérimentation pour les marques.

MSI a profité de son quarantième anniversaire pour présenter plusieurs machines atypiques, dont le Titan 18 HX Dragon Edition Draco Epic. Ce PC portable gaming très haut de gamme embarque un Intel Core Ultra 9 290HX Plus, une GeForce RTX 5090 Laptop avec 24 Go de mémoire GDDR7 et un écran Mini LED 4K de 18 pouces à 240 Hz.

ASUS poursuit de son côté son offensive sur les mini-PC IA avec l’Ascent QN10. Acer élargit son catalogue avec la Predator Atlas 8 et plusieurs PC portables intégrant les dernières plateformes Intel.

Cette diversité montre que l’IA locale ne sera pas réservée à un seul format. Elle doit s’installer dans les ultraportables, les stations de travail compactes, les PC gaming et même les appareils portables.

Ce qu’il faut retenir du Computex 2026

Le Computex 2026 ne signe pas la disparition immédiate du cloud, ni celle des architectures x86 traditionnelles. Il montre plutôt que l’industrie prépare une nouvelle répartition des usages.

Les tâches les plus sensibles ou les plus rapides pourront être exécutées localement. Les charges les plus lourdes continueront d’être confiées aux centres de données. Entre les deux, les agents IA devront choisir automatiquement où traiter chaque demande.

Nvidia veut imposer sa propre vision du PC Windows premium avec RTX Spark. Qualcomm cherche à rendre Windows sur Arm plus accessible. Intel revient sur le marché très disputé des consoles-PC portables. AMD défend une stratégie plus pragmatique autour de l’évolutivité et du gaming.

Les prochaines étapes seront décisives : il faudra vérifier les prix en euros, l’autonomie réelle, la compatibilité logicielle de Windows sur Arm et les performances observées hors des démonstrations préparées par les constructeurs.

Une chose est néanmoins certaine : en 2026, le PC IA ne se résume plus à une ligne supplémentaire sur une fiche technique.