Un étage supérieur de Falcon 9 devrait percuter la Lune le mercredi 5 août 2026 vers 08 h 35, heure française. Ce débris abandonné par SpaceX se déplacera à environ 8 700 km/h et pourrait creuser un cratère d’une vingtaine de mètres. Sans danger pour la Terre, l’événement permettra aux scientifiques d’étudier les effets d’un impact artificiel sur le sol lunaire.
Article publié le 1er août 2026.
Ce qu’il faut retenir
- L’impact est prévu le 5 août 2026 vers 06 h 35 UTC, soit 08 h 35 en France métropolitaine.
- L’étage de Falcon 9 se déplacera à environ 2,43 km/s, ou 8 700 km/h.
- Sa masse exacte est inconnue, mais les chercheurs retiennent une estimation proche de 4 tonnes.
- Le choc pourrait former un cratère de 20 à 30 mètres de diamètre, avec une estimation centrale de 27 mètres.
- Le flash ne devrait pas être visible à l’œil nu. Le panache de poussière pourrait en revanche être détecté avec des télescopes.
- Les orbiteurs Lunar Reconnaissance Orbiter et Danuri doivent photographier la zone avant et après l’impact.
- L’événement ne présente aucune menace pour la Terre.
Quand l’étage de SpaceX percutera-t-il la Lune ?
D’après les calculs de Bill Gray, spécialiste du suivi des objets spatiaux et développeur du logiciel Project Pluto, la collision devrait se produire le mercredi 5 août 2026 vers 06 h 35 UTC. En France métropolitaine, il sera alors environ 08 h 35.
Cette trajectoire n’est pas une manœuvre planifiée par SpaceX. L’étage ne dispose plus des moyens nécessaires pour modifier son orbite et dérive depuis son lancement de janvier 2025. Il est répertorié sous la désignation internationale 2025-010D et le numéro NORAD 62719.
L’impact est attendu à proximité du cratère Einstein, autour de 88 degrés de longitude ouest et 15 degrés de latitude nord. Cette région se trouvera près du bord du disque lunaire visible depuis la Terre, sur une partie éclairée par le Soleil.
Les chiffres attendus pour l’impact
| Caractéristique | Estimation |
|---|---|
| Date | 5 août 2026 |
| Heure | 06 h 35 UTC, soit 08 h 35 en France |
| Vitesse | 2,43 km/s, soit environ 8 700 km/h |
| Masse | Environ 4 tonnes, estimation incertaine |
| Dimensions | Environ 12 mètres de long et 4 mètres de diamètre |
| Angle d’impact | 34 degrés par rapport à la verticale |
| Énergie cinétique | 11,8 gigajoules, soit environ 2,8 tonnes de TNT |
| Cratère attendu | 20 à 30 mètres de diamètre, environ 5 mètres de profondeur |
| Zone | À proximité du cratère Einstein |
L’équivalent de 2,8 tonnes de TNT décrit uniquement l’énergie cinétique libérée par le choc. Il ne signifie pas que l’étage contient une charge explosive de cette puissance.
La formule comparant sa vitesse à sept fois celle du son doit également être relativisée. La Lune ne possède pratiquement pas d’atmosphère : il n’existe donc pas de vitesse du son atmosphérique locale comparable à celle mesurée sur Terre.
D’où vient cet étage de Falcon 9 ?
Le débris provient d’une Falcon 9 lancée le 15 janvier 2025 depuis le complexe 39A du Centre spatial Kennedy. La fusée transportait deux atterrisseurs privés vers la Lune : Blue Ghost de Firefly Aerospace et RESILIENCE de l’entreprise japonaise ispace.
Blue Ghost a réussi son alunissage le 2 mars 2025 dans Mare Crisium. Firefly le présente comme le premier atterrisseur commercial à avoir réalisé une mission lunaire entièrement réussie. L’appareil a ensuite fonctionné pendant plus de quatorze jours à la surface.
Le destin de RESILIENCE a été différent. L’atterrisseur d’ispace a perdu le contact avec les équipes au sol pendant sa descente du 6 juin 2025. L’analyse des données a conclu à un alunissage brutal, notamment après une anomalie affectant son télémètre laser.
Après avoir libéré les deux engins, l’étage supérieur de la Falcon 9 est resté sur une orbite terrestre très allongée croisant celle de la Lune. Les perturbations gravitationnelles ont progressivement conduit à la trajectoire de collision aujourd’hui calculée.
Quel cratère et quel panache de poussière sont attendus ?
Les chercheurs estiment que l’étage frappera le sol lunaire à un angle de 34 degrés par rapport à la verticale. Les modèles prévoient un cratère final compris entre 20 et 30 mètres de diamètre. Une méthode de calcul utilisée dans l’étude scientifique aboutit plus précisément à environ 27 mètres de large et 5 mètres de profondeur.
La forme réelle reste difficile à anticiper. Contrairement à une météorite compacte, un étage de fusée est une structure creuse et allongée. Son orientation au moment du choc pourrait produire un cratère irrégulier, voire deux cavités partiellement superposées.
L’impact projettera également une importante quantité de régolithe, la couche de poussière et de roches qui recouvre la Lune. Une partie de ces matériaux retombera en quelques secondes, tandis que les particules les plus fines pourraient rester en mouvement pendant plusieurs minutes, voire quelques dizaines de minutes.
En l’absence d’atmosphère et de vent, les débris ne formeront pas un nuage comparable à ceux observés sur Terre. Ils suivront des trajectoires balistiques déterminées presque exclusivement par leur vitesse et par la faible gravité lunaire.
Pourra-t-on voir l’impact depuis la France ?
L’événement ne devrait pas être visible à l’œil nu. Le flash produit au moment du choc durera probablement moins d’une seconde et apparaîtra sur une région lunaire éclairée. Cette luminosité de fond compliquera fortement sa détection.
Les estimations de l’intensité du flash restent très larges. Elles dépendent notamment de l’orientation de l’étage et de la nature du terrain, qui pourrait être constitué de régolithe meuble ou de roche plus compacte. Même les chercheurs ne garantissent donc pas qu’un grand télescope parviendra à l’enregistrer.
Le panache de poussière pourrait être plus facile à détecter, car il devrait dépasser le bord apparent de la Lune et persister plus longtemps. Plusieurs observatoires professionnels américains ont prévu des campagnes d’imagerie rapide et de spectroscopie.
Les meilleures conditions terrestres concerneront une partie des Amériques, où il fera encore nuit. En France, l’impact se produira en journée. Une tentative d’observation nécessiterait donc du matériel spécialisé, une caméra rapide et probablement un filtre infrarouge. Il ne faut pas s’attendre à un spectacle directement observable depuis son jardin.
Pourquoi les scientifiques suivent-ils cette collision ?
Contrairement aux impacts naturels, cet événement possède une heure, une trajectoire, une vitesse et une masse approximativement connues. Ces données permettront de comparer les observations réelles aux modèles utilisés pour prévoir la formation des cratères et la dispersion des poussières.
La sonde Lunar Reconnaissance Orbiter de la NASA doit photographier le site avant et après la collision. L’orbiteur sud-coréen Danuri, officiellement Korea Pathfinder Lunar Orbiter, a également réalisé des images de référence et prévoit un nouveau passage après l’impact.
La comparaison des clichés permettra de mesurer la taille et la forme du cratère, mais aussi l’étendue des matériaux fraîchement excavés. Ces observations pourraient apporter des informations supplémentaires sur la composition du terrain autour du cratère Einstein.
Les scientifiques souhaitent enfin évaluer jusqu’à quelle distance des fragments peuvent être projetés. Une simulation estime que certaines particules pourraient parcourir plusieurs centaines de kilomètres avant de retomber. Ce résultat ne représente pas une menace immédiate, mais il devient pertinent dans la perspective de missions habitées et d’installations permanentes.
Le retour durable d’astronautes autour de la Lune est notamment l’un des objectifs du programme Artemis. Pour suivre ce calendrier, consultez notre dossier consacré à la mission Artemis II.
S’agit-il vraiment du deuxième impact humain sur la Lune ?
Non. De nombreux engins fabriqués par l’être humain ont déjà percuté la Lune, volontairement ou après l’échec d’une mission. Luna 2 a réalisé le premier impact artificiel dès 1959. Plusieurs étages Saturn IV-B du programme Apollo ont ensuite été volontairement dirigés vers la surface pour produire des données sismiques.
D’autres missions, comme LCROSS en 2009, ont également utilisé un impact contrôlé à des fins scientifiques. Plusieurs atterrisseurs ont par ailleurs subi des alunissages brutaux accidentels.
L’événement du 5 août 2026 pourrait en revanche devenir le deuxième impact involontaire connu d’un étage de fusée abandonné. Un autre corps de fusée a frappé la Lune près du cratère Hertzsprung le 4 mars 2022, laissant un double cratère d’environ 28 mètres.
Cet objet de 2022 est souvent associé à une ancienne mission chinoise, mais la NASA indique toujours que son origine exacte demeure incertaine. Il est donc préférable de ne pas présenter cette attribution comme définitivement établie.
Quelles conséquences pour les utilisateurs et les futures missions ?
L’impact ne présente aucun danger pour les habitants de la Terre. Les fragments resteront dans l’environnement lunaire et aucun scénario crédible ne prévoit leur retour jusqu’à notre planète.
L’événement ne menace pas non plus directement des astronautes, puisqu’aucun équipage ne se trouve actuellement à la surface de la Lune. Il ne devrait affecter aucune mission active connue.
Son intérêt concerne surtout l’avenir. À mesure que les États, agences et entreprises privées multiplieront les missions lunaires, les étages abandonnés et les objets placés sur des orbites chaotiques deviendront plus nombreux. Un impact à proximité d’un habitat, d’un rover ou d’un site scientifique pourrait alors provoquer des dégâts à grande distance.
La collision rappelle donc l’importance d’améliorer le suivi du trafic spatial entre la Terre et la Lune. Elle offrira aussi un point de comparaison avec les impacts naturels, comme celui que pourrait produire l’astéroïde 2024 YR4 en 2032. Retrouvez à ce sujet notre analyse du risque d’impact lunaire de 2024 YR4.
FAQ sur l’impact de la fusée SpaceX
À quelle date l’étage de Falcon 9 percutera-t-il la Lune ?
L’impact est prévu le mercredi 5 août 2026 vers 06 h 35 UTC, soit environ 08 h 35 en France métropolitaine.
À quelle vitesse la fusée frappera-t-elle la Lune ?
La vitesse calculée atteint 2,43 kilomètres par seconde, ce qui correspond à environ 8 700 km/h.
L’impact présente-t-il un danger pour la Terre ?
Non. La collision aura lieu sur la Lune et les matériaux éjectés ne devraient pas atteindre la Terre.
Pourra-t-on voir l’impact à l’œil nu ?
Non. Le flash devrait durer moins d’une seconde et se produira sur une zone éclairée. Seuls des télescopes équipés de caméras adaptées pourraient détecter le flash ou le panache.
Quelle sera la taille du cratère ?
Les modèles prévoient un cratère de 20 à 30 mètres de diamètre. L’estimation centrale est d’environ 27 mètres de large pour 5 mètres de profondeur.
Pourquoi SpaceX ne récupère-t-il pas cet étage ?
Il s’agit du deuxième étage de la Falcon 9, et non du premier étage réutilisable qui revient habituellement se poser sur Terre. Après avoir envoyé ses charges utiles vers la Lune, cet étage est resté sur une orbite très allongée sans capacité de récupération.
SpaceX a-t-il volontairement dirigé la fusée vers la Lune ?
Non. La collision n’est pas une mission scientifique organisée par SpaceX. Elle résulte de l’évolution gravitationnelle de l’orbite suivie par l’étage depuis janvier 2025.
Conclusion
L’étage supérieur de Falcon 9 devrait terminer sa course sur la Lune le 5 août 2026, plus de dix-huit mois après avoir lancé Blue Ghost et RESILIENCE. Le choc, prévu à environ 8 700 km/h, laissera probablement un cratère d’une vingtaine de mètres et un panache de poussière difficile, mais potentiellement possible, à observer avec des instruments spécialisés.
L’événement restera sans conséquence pour la Terre. Il constituera en revanche une expérience grandeur nature pour tester les modèles d’impact et mieux anticiper les risques liés aux débris artificiels, alors que l’activité humaine autour de la Lune est appelée à augmenter.
Sources
- Étude scientifique — préparation des observations de l’impact du 5 août 2026
- Project Pluto — calcul de la trajectoire de l’étage de Falcon 9
- Associated Press — informations et témoignages sur l’impact
- SpaceX — lancement de Blue Ghost et RESILIENCE
- Firefly Aerospace — bilan de Blue Ghost Mission 1
- ispace — échec de l’alunissage de RESILIENCE
- NASA — cratère formé par l’impact d’un corps de fusée en 2022
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