Bloctel a confirmé qu’un compte professionnel avait été usurpé et qu’un tiers non autorisé avait accédé à des fichiers contenant des numéros de téléphone. L’incident est donc réel, mais le chiffre de trois millions de numéros provient toujours de la revendication des pirates : Bloctel n’en a pas confirmé l’ampleur totale. Le service anti-démarchage a fermé le 11 août 2026, au moment où le consentement préalable est devenu la règle en France.
Le calendrier rend l’affaire particulièrement sensible. Les numéros concernés appartiennent à des personnes qui cherchaient précisément à limiter les appels commerciaux. Bloctel a commencé à informer directement certains utilisateurs et affirme que, pour eux, le numéro de téléphone est la seule donnée personnelle identifiée comme compromise.
Ce qu’il faut retenir
- Bloctel confirme un accès non autorisé via un compte professionnel usurpé.
- Des fichiers de prospection transmis au service et leurs versions traitées ont été téléchargés.
- Bloctel indique aux personnes prévenues que leur numéro de téléphone est la seule donnée personnelle concernée.
- Les pirates revendiquent environ trois millions d’enregistrements, un volume non confirmé officiellement.
- Le compte compromis a été bloqué et l’incident a été notifié à la CNIL.
- Bloctel a cessé de fonctionner le 11 août 2026, avec le passage au consentement obligatoire avant démarchage.
La fuite Bloctel est confirmée, pas le chiffre de trois millions
Les premières alertes reposaient sur une publication apparue sur un forum cybercriminel. Deux individus affirmaient avoir récupéré puis diffusé gratuitement une base présentée comme provenant de Bloctel. Le média spécialisé FrenchBreaches avait pu examiner les éléments publiés, tout en précisant que l’authenticité de l’intégralité de la base et le nombre de numéros uniques restaient à établir.
La situation a évolué avec l’envoi d’un courriel de Bloctel à des personnes concernées. Le service y confirme qu’un tiers non autorisé a usurpé le compte d’un professionnel pour accéder à des fichiers échangés avec la plateforme. L’existence de l’incident n’est donc plus une simple revendication.
En revanche, Bloctel ne confirme pas que trois millions de numéros uniques ont été exposés. Le chiffre décrit des enregistrements revendiqués par les attaquants. Une personne peut posséder plusieurs lignes et un même numéro peut apparaître dans plusieurs fichiers ou traitements. Il serait donc trompeur d’écrire que trois millions de Français sont nécessairement touchés.
Comment le compte professionnel aurait été compromis
Bloctel ne décrit pas une intrusion directe dans les systèmes du ministère de l’Économie. L’accès serait passé par un compte professionnel utilisateur du service. Les entreprises transmettaient leurs fichiers de prospection afin que Bloctel identifie les numéros inscrits sur la liste d’opposition.
Le tiers non autorisé aurait pu télécharger deux catégories de documents :
- le fichier contenant les numéros initialement transmis par le professionnel ;
- le fichier restitué après comparaison avec la liste d’opposition Bloctel.
Selon FrenchBreaches, le compte compromis n’aurait pas été protégé par une authentification multifacteur. Bloctel confirme l’usurpation, mais les circonstances techniques complètes et l’origine des identifiants restent sous investigation. Il faut donc présenter l’absence de double authentification comme une information rapportée, et non comme une conclusion technique officielle définitive.
Quelles données personnelles ont été exposées ?
| Donnée | Statut connu |
|---|---|
| Numéro de téléphone | Confirmé pour les personnes averties par Bloctel |
| Identifiant technique interne | Observé dans les données examinées par FrenchBreaches |
| Nom et prénom | Non identifiés comme compromis dans le message de Bloctel |
| Adresse postale ou e-mail | Non identifiée comme compromise |
| Mot de passe ou données bancaires | Aucune exposition annoncée |
Cette limitation réduit le potentiel d’usurpation directe, mais ne rend pas l’incident anodin. Un numéro valide peut être utilisé pour du démarchage illégal, des SMS frauduleux, de faux appels bancaires ou des tentatives d’ingénierie sociale. Le fait qu’il provienne potentiellement d’une liste anti-démarchage peut aussi signaler un numéro actif appartenant à un particulier.
Que fait Bloctel après l’incident ?
Le service indique avoir bloqué le compte professionnel concerné. Les autres comptes ont été contrôlés et les accès considérés comme inactifs ont été verrouillés. Des investigations techniques sont en cours pour déterminer l’origine, la chronologie et le périmètre exacts de la compromission.
L’incident a également été notifié à la CNIL. Une notification ne signifie pas que l’autorité a déjà rendu ses conclusions : elle déclenche l’examen du dossier et permet d’évaluer si les obligations de sécurité et d’information ont été respectées.
Que faire si votre numéro est concerné ?
Changer tous ses mots de passe n’est pas la réponse principale lorsque seul un numéro de téléphone a été exposé. Les bons réflexes portent surtout sur les appels et les messages reçus :
- ne communiquez jamais un code reçu par SMS, un mot de passe ou des informations bancaires au téléphone ;
- rappelez votre banque, votre opérateur ou l’administration depuis un numéro officiel en cas de doute ;
- ne cliquez pas sur un lien envoyé par un interlocuteur inattendu ;
- conservez le numéro, la date et l’heure d’un appel commercial non consenti ;
- signalez le démarchage illicite sur SignalConso ;
- signalez les SMS suspects au 33700 lorsque le dispositif s’applique.
Le numéro affiché peut être usurpé. Bloquer un appel indésirable peut réduire les récidives, mais ne suffit pas à prouver l’identité réelle de l’appelant. Les fraudeurs exploitent souvent l’urgence, la peur ou la promesse d’un remboursement pour pousser la victime à agir rapidement.
Pourquoi Bloctel a fermé le 11 août 2026
La fermeture n’est pas provoquée par la fuite. Elle était programmée par la loi du 30 juin 2025. Depuis le 11 août 2026, les professionnels doivent avoir obtenu un consentement actif, éclairé et révocable avant de démarcher un consommateur, sauf exceptions prévues par la loi.
Le système passe donc de l’opposition à l’autorisation préalable. Un silence ou une case précochée ne vaut pas consentement. Les appels liés à un contrat en cours restent possibles dans certaines conditions, tandis que le démarchage pour le CPF, la rénovation énergétique ou l’adaptation du logement demeure particulièrement encadré ou interdit.
La DGCCRF indique que les appels autorisés doivent respecter des horaires précis et qu’un consommateur peut retirer son accord à tout moment. Un appel commercial reçu sans consentement peut être signalé sur SignalConso.
FAQ
Bloctel a-t-il vraiment été piraté ?
Bloctel confirme qu’un compte professionnel a été usurpé et qu’un tiers a accédé à des fichiers contenant des numéros. L’incident est donc confirmé.
Trois millions de personnes sont-elles concernées ?
Ce n’est pas établi. Les pirates revendiquent environ trois millions d’enregistrements, mais Bloctel ne confirme pas ce total ni le nombre de personnes uniques.
Quelles données ont fuité ?
Pour les utilisateurs prévenus, Bloctel indique que seul le numéro de téléphone est concerné. Des identifiants techniques apparaissent aussi dans les éléments examinés par FrenchBreaches.
Faut-il changer son mot de passe ?
Pas à cause du seul numéro exposé. En revanche, ne transmettez aucun code ou mot de passe à un interlocuteur et changez vos identifiants si vous avez répondu à une tentative de phishing.
La fermeture de Bloctel est-elle liée au piratage ?
Non. La fin du service était prévue pour le 11 août 2026 par la réforme du démarchage téléphonique.
Comment signaler un démarchage non consenti ?
La DGCCRF recommande de conserver les preuves et d’utiliser la plateforme SignalConso.
Conclusion
La formulation exacte est désormais la suivante : la fuite de numéros est confirmée, son ampleur ne l’est pas encore. Le total de trois millions doit rester au conditionnel tant que Bloctel, la CNIL ou l’enquête n’a pas publié de chiffre consolidé.
Pour les particuliers, le risque principal est une augmentation des appels et SMS frauduleux. La nouvelle interdiction du démarchage sans consentement facilite le signalement des appels commerciaux, mais elle n’arrêtera pas automatiquement les escrocs ni les campagnes opérées hors du cadre légal.





