Nvidia fait face à une nouvelle réalité concurrentielle après la révélation de discussions avancées entre Meta et Google autour de l’achat de puces d’intelligence artificielle à partir de 2027. Cette annonce, bien que non encore officialisée, a provoqué une sévère correction du titre Nvidia alors que les investisseurs réévaluent la place du groupe californien dans l’écosystème des centres de données.
Meta pourrait s’émanciper de Nvidia grâce à Google
Le 25 novembre 2025, des sources proches du dossier ont révélé que Meta envisage un contrat pluriannuel de plusieurs milliards de dollars avec Google pour équiper ses datacenters en processeurs d’intelligence artificielle à partir de 2027. Ce partenariat stratégique viserait à réduire la dépendance de Meta vis-à-vis de Nvidia, aujourd’hui largement prédominant sur ce segment.
Google, par l’intermédiaire de sa division Cloud, développe depuis plusieurs années ses propres puces TPU (Tensor Processing Units). Ces puces, conçues spécifiquement pour les charges de travail IA, ambitionnent de concurrencer Nvidia dans les applications liées à l’apprentissage profond et au traitement du langage naturel.
Une réaction immédiate des marchés
À peine les premières rumeurs révélées, le marché financier a vivement réagi. Le 25 novembre à 14h00 (heure de New York), le cours de l’action Nvidia chutait de 7 % en séance avant de se stabiliser à une baisse de 4 % en clôture. Cette volatilité souligne la nervosité des investisseurs quant à la fragilité de la domination de Nvidia dans un secteur en rapide mutation.
Un analyste de marché estime que si Meta bascule 50 % de ses commandes vers Google d’ici 2027, Nvidia pourrait perdre jusqu’à 15 % de ses revenus tirés des datacenters. À titre de comparaison, ce segment représentait environ 25 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2024 pour le spécialiste des GPU.
Une concurrence de plus en plus stratégique
La diversification de Meta s’inscrit dans une tendance plus large. Les grandes entreprises tech cherchent à s’émanciper des fournisseurs dominants en développant ou en achetant des puces conçues sur mesure pour leurs besoins spécifiques. Ce mouvement vise autant l’optimisation des coûts que la réduction des risques géopolitiques, notamment liés aux tensions sino-américaines sur les exportations de semi-conducteurs avancés.
Google, qui a investi plus de 5 milliards de dollars depuis 2020 dans ses processeurs maison, veut capitaliser sur ces tensions pour renforcer sa position de fournisseur. Avec l’ambition de devenir un acteur clé au-delà de ses besoins internes, le groupe entend imposer son écosystème TPU comme une alternative viable aux GPU Nvidia.
Nvidia reste solide, mais sur la défensive
Face à cette perspective, Nvidia affirme maintenir sa feuille de route technologique et souligne que la demande reste forte. Ses partenariats avec d’autres géants du cloud — notamment Amazon, Microsoft et Oracle — continuent de tirer les commandes.
Toutefois, la dynamique du marché évolue. Avec l’entrée progressive d’acteurs comme Apple dans la conception de puces IA et l’expansion de solutions propriétaires, le monopole de Nvidia est sous pression. À l’image d’un fleuve qui rencontre plusieurs affluents, l’avenir du leader des GPU s’annonce plus turbulent à mesure que les clients explorent d’autres voies technologiques.
Perspectives à moyen terme
D’un point de vue stratégique, cette annonce marque un tournant. Meta ne rompt pas immédiatement avec Nvidia, mais amorce une transition vers une dépendance plus équilibrée. Si le contrat avec Google se matérialise, l’écosystème des infrastructures IA pourrait être profondément reconfiguré d’ici 2027.
Pour les investisseurs, les mois à venir seront décisifs. Suivre l’évolution de ces discussions, permettra de mieux anticiper les transformations du marché des centres de données et les trajectoires financières des géants du secteur.
En somme, la domination de Nvidia n’est pas remise en cause à court terme. Mais l’émergence d’une concurrence crédible comme celle de Google modifie les équilibres. La bataille des puces IA entre les géants de la tech ne fait que commencer.








