Le burn-in OLED n’a pas reculé comme attendu. Dans sa mise à jour publiée mi-août 2026, Rtings conclut qu’après environ 10 000 à 10 500 heures d’un usage extrême de type chaîne d’info affichée en continu à luminosité SDR maximale, les téléviseurs OLED sortis entre 2020 et 2023 marquent à peu près autant que le LG C7 de 2017. La mauvaise nouvelle s’arrête là : sur la même période, les dalles récentes ont gagné en marge de manœuvre, avec 28 % de luminosité soutenue en plus sur une fenêtre de 10 %, une luminosité plein écran plus de deux fois supérieure en 2023 face à 2017, et un gain d’efficacité d’environ 27 %. En clair, le risque fondamental reste, mais les OLED modernes offrent plus de latitude pour le contenir.
Après 10 000 heures, les OLED 2020–2023 ne font pas mieux que le C7 de 2017 sur le burn-in OLED
Le protocole comparatif porte sur un LG C7 2017, 4 modèles OLED de 2020, 6 de 2021, 7 de 2022 et 2 de 2023. Tous ont été exposés à un scénario conçu pour pousser la dalle dans ses retranchements : un flux de chaîne d’info avec logos, bandeaux et visages fixes, diffusé pendant des milliers d’heures, TV réglée à sa luminosité SDR maximale.
Le constat de Rtings est net : à ce stade du test, les OLED 2020–2023 ne montrent pas d’amélioration significative de résistance au burn-in par rapport au modèle de 2017. Les photos d’uniformité relèvent partout les mêmes signatures : logos incrustés, bandeaux et zones plus marquées correspondant aux éléments statiques de l’image.
Il faut toutefois être précis sur ce que mesure ce protocole. Rtings parle d’un torture test, pas d’une simulation fidèle d’un salon moyen. Le jalon de 10 000 heures correspond à environ 5 heures par jour pendant 10 ans, mais ici avec un contenu répétitif et fortement statique, exactement ce qui accélère l’usure des pixels organiques.
Autre détail important : une partie des artefacts observés au fil du test n’était pas toujours du burn-in permanent. Rtings a montré dans des bilans intermédiaires qu’une fraction relevait aussi d’image retention temporaire, atténuée ou effacée après des cycles de compensation forcés. Cela ne change pas la conclusion générale du test de 2026, mais rappelle qu’un marquage visible n’est pas automatiquement irréversible au premier signal.
Les OLED récents sont bien plus lumineux, et c’est là que se joue la différence
Le point clé du rapport n’est donc pas une disparition du risque, mais l’arrivée d’un headroom bien plus confortable. En moyenne, un OLED 2023 fait 28 % mieux que le C7 2017 en luminosité soutenue sur une fenêtre de 10 %. En plein écran, l’écart devient encore plus spectaculaire : la génération 2023 est plus de deux fois plus lumineuse.
Ce n’est pas un simple chiffre de fiche technique. Cela signifie qu’un téléviseur récent peut atteindre un niveau de luminance confortable sans être poussé aussi haut qu’un ancien modèle. Rtings donne un exemple simple : là où un vieux panneau doit être réglé à 100 % pour atteindre une certaine luminance SDR, un OLED plus récent peut y parvenir autour de 75 %. Dit autrement, la dalle moderne peut produire la même image lumineuse avec davantage d’air autour.
C’est cette marge qui change l’équation au quotidien. Si la vulnérabilité de fond des pixels organiques n’a pas bougé dans le scénario extrême, l’utilisateur n’est plus obligé d’exploiter la dalle à fond pour obtenir un rendu confortable dans une pièce lumineuse. Le bénéfice est double : moins de stress cumulé sur les pixels et, logiquement, moins de consommation.
Le sujet intéresse d’autant plus que les OLED les plus récents sont désormais capables de mieux gérer les reflets et les environnements lumineux, là où les premières générations imposaient plus souvent de monter très haut les réglages. Pour un acheteur qui remplace un ancien modèle, ce surplus de luminosité n’est donc pas seulement du spectacle : c’est aussi une réserve qu’il peut choisir de ne pas consommer entièrement.
Efficacité en hausse de 27 % : plus de marge, moins de watts
Rtings chiffre aussi le progrès énergétique. À 100 nits, un OLED 2017 consomme en moyenne 130 W, soit 1,28 W par nit. En 2023, la moyenne tombe à 95 W, soit 0,97 W par nit. Le gain ressort à environ 27 %.
Ce point est loin d’être anecdotique. Plus une dalle est efficace, plus elle peut délivrer une image lumineuse sans payer le même prix en chaleur et en contrainte électrique. C’est aussi ce qui rend crédible la stratégie du réglage modéré : sur un OLED récent, baisser la luminosité depuis le maximum ne revient pas à retrouver une image terne, mais souvent à se caler sur le niveau qu’un ancien modèle atteignait déjà à pleine charge.
Rtings va même plus loin en regardant les générations les plus récentes hors du test de burn-in : les téléviseurs OLED de 2026 seraient désormais environ deux fois plus efficaces que les modèles d’il y a une décennie, tout en étant plus lumineux et mieux dotés en fonctions d’entretien de dalle. Prudence toutefois : les modèles 2024 à 2026 n’ont pas été inclus dans le protocole accéléré de burn-in. On peut donc parler d’efficacité et de luminosité, pas d’une résistance documentée au marquage dans ce test précis.
Les protections logicielles comptent autant que la dalle elle-même
Le protocole de Rtings n’isole pas uniquement la chimie des panneaux. Il mesure aussi la qualité de leur gestion logicielle : cycles de compensation, pixel shift, atténuation des logos et limitation automatique de luminosité globale. Sur OLED, ces fonctions ne sont pas accessoires ; elles font partie de la durée de vie du produit.
Rtings a d’ailleurs constaté qu’en forçant des cycles de compensation à partir de certains points de contrôle, des marquages visibles diminuaient. Cela montre une chose simple : laisser le téléviseur effectuer ses routines de maintenance reste essentiel. Débrancher systématiquement la TV après usage, ou interrompre ces nettoyages, peut aller à rebours de ce que tentent de corriger les fabricants.
Le test a aussi eu des effets concrets côté industrie. Au printemps 2023, Samsung a diffusé le firmware 1448.1 pour modifier la gestion des cycles de nettoyage sur certains QD-OLED, avec un lancement imposé après 2000 heures depuis le dernier cycle. Ce genre d’ajustement illustre bien la réalité actuelle du marché : une partie de la prévention du marquage se joue encore après la commercialisation, au rythme des mises à jour.
Pour ceux qui hésitent encore entre technologies, le paradoxe soulevé par Rtings mérite aussi d’être noté. Sous ce test extrême, tous les OLED finissent par marquer, mais ils se montrent malgré cela globalement plus fiables que certains LCD sur le plan des pannes complètes. Sur l’ensemble du test accéléré de trois ans, toutes technologies confondues, 20 téléviseurs sont tombés complètement en panne et 24 ont connu des problèmes partiels. Les OLED souffrent du burn-in dans ce scénario, mais cela n’en fait pas automatiquement les téléviseurs les plus fragiles.
Pour l’acheteur, la bonne stratégie n’est pas d’éviter l’OLED, mais d’exploiter sa marge
La leçon pratique est assez claire. Si l’usage consiste à laisser une chaîne d’info tourner des heures chaque jour avec logos fixes et bandeaux constants, le risque existe toujours, même sur les générations récentes. En revanche, pour un usage mixte fait de streaming, films, sport et jeu, Rtings continue de présenter le burn-in comme un risque faible, pas comme une fatalité.
La meilleure réponse apportée par les OLED modernes n’est donc pas l’immunité, mais la marge de luminance. C’est elle qui permet de réduire les réglages sans sacrifier le confort d’image. C’est aussi elle qui donne un peu plus de temps avant d’atteindre le point où le marquage devient problématique. Pour prolonger la dalle, la logique est simple : ne pas forcer le mode le plus agressif en permanence, laisser les fonctions de protection activées, et éviter autant que possible les contenus figés pendant des heures.
Le prochain enjeu est désormais ailleurs : les OLED 2024, 2025 et 2026 n’ont pas encore été intégrés à ce test accéléré de burn-in. C’est là que se jouera la suite du dossier, notamment pour mesurer si les nouvelles générations de matériaux et les options supplémentaires de soin de dalle améliorent enfin la résistance au marquage, ou si l’industrie continue surtout de gagner en lumière et en efficacité.








