Tiangong Ultra bat Usain Bolt sur 100 m, puis finit sa course dans la mousse

Un robot humanoïde bat Usain Bolt sur 100 m, puis finit sa course dans la mousse

Le record de 100 m pour robots humanoïdes est tombé à Pékin. Le 22 août 2026, lors des World Humanoid Robot Games, le chinois Tiangong Ultra a bouclé la distance en 9,39 secondes, devant le 9,58 s signé par Usain Bolt à Berlin en 2009. Deuxième de la course, Lightning, développé par Honor, a suivi en 9,47 secondes. La performance est confirmée par les organisateurs et relayée par Reuters ; elle s’inscrit dans une compétition de robots humanoïdes, pas dans l’athlétisme humain.

Le chiffre frappe d’autant plus que Tiangong Ultra courait encore en 21,50 secondes lors de la première édition, en 2025. En un an, le robot a donc gagné 12,11 secondes. Selon les valeurs reprises dans le rapport, sa vitesse moyenne atteint 23,83 mph, soit 38,34 km/h, contre 23,35 mph et 37,58 km/h pour Bolt. L’écart reste mince, 0,19 seconde, mais il suffit à installer un nouveau jalon très médiatique pour la locomotion bipède autonome.

Le record de 100 m pour robots humanoïdes se joue désormais sous les 10 secondes

La hiérarchie de la course est nette. Tiangong Ultra l’emporte en 9,39 s, Lightning prend la deuxième place en 9,47 s, et Reuters mentionne pour ce dernier un 9,32 s non officiel observé à l’entraînement. Ce point compte : seul le temps de course validé, 9,47 s, doit être retenu au palmarès.

La performance de Tiangong Ultra a été réalisée lors d’une course préliminaire du 100 m, le samedi 22 août 2026, jour d’ouverture de la deuxième édition des Jeux. Le robot est développé par le Beijing Humanoid Robot Innovation Center. La comparaison avec Bolt est inévitable, mais elle doit être cadrée : il ne s’agit pas d’un « record du monde » au sens de l’athlétisme, plutôt d’un record de vitesse dans une compétition de robots humanoïdes autonomes.

C’est pourtant bien là que se situe le signal fort. Courir à cette vitesse sur deux jambes, sans opérateur dans la boucle, avec maintien de l’équilibre et navigation en temps réel, reste un problème de robotique mobile d’une toute autre nature qu’un véhicule sur roues. C’est d’ailleurs au-delà du coup d’éclat, la question est celle de la maturité des plateformes.

Après la ligne, les robots ont surtout montré qu’ils ne savent pas encore s’arrêter proprement

La vidéo de course raconte presque autant que le chrono. Une fois la ligne franchie, les robots ne coupent pas leur effort comme des sprinteurs humains. Ils poursuivent leur trajectoire jusqu’aux protections. Tiangong Ultra s’écarte vers la droite après l’arrivée ; Lightning semble perdre le contrôle vers la gauche ; un troisième robot, plus lent, tente de freiner en glissant avant de s’effondrer sur le coussin de protection.

Le contraste est brutal : la vitesse progresse très vite, mais la maîtrise de l’arrêt reste imparfaite. Les comptes rendus évoquent des mattes en mousse et des chutes après la ligne, ce qui dit beaucoup de l’état actuel de la discipline. Le défi n’est plus seulement de faire avancer un humanoïde sur 100 mètres. Il faut aussi gérer la décélération, la stabilité et la transition hors effort à haute vitesse.

Ce détail empêche d’interpréter la course comme un simple équivalent robotique d’un sprint olympique. Ici, l’enjeu n’est pas la grâce du geste, mais l’intégration d’un système complet : perception, contrôle moteur, équilibre, orientation et sécurité. En ce sens, l’image du robot qui bat Bolt au chrono puis finit dans la mousse résume assez bien le moment technologique.

En un an, les World Humanoid Robot Games ont changé d’échelle

L’édition 2026 se tient du 22 au 26 août au National Speed Skating Oval de Pékin, l’Ice Ribbon, une infrastructure olympique reconvertie. Le rendez-vous a pris une ampleur bien plus large que le seul 100 mètres : 2 056 robots, 666 équipes, 16 pays et régions, 51 épreuves et 1 301 sessions ou matches sont annoncés par les organisateurs.

La progression est nette par rapport à la première édition. Le rapport indique que l’événement passe à 666 équipes contre 280 un an plus tôt, et à 2 056 robots contre environ 500 en 2025. Autrement dit, les Jeux ne servent plus seulement de vitrine ; ils deviennent un terrain d’essai massif pour comparer des plateformes dans des contextes variés.

Le programme le montre bien. Outre les courses, il comprend de la boxe, du football, de la danse et des concours de tâches industrielles ou domestiques. Les organisateurs présentent ainsi un panorama du secteur humanoïde plus qu’un simple spectacle sportif. Le billet d’entrée en Chine continentale démarre à 98 yuans pour les journées de compétition et à 128 yuans pour les cérémonies, avec certaines formules montant jusqu’à 670 yuans selon la session et la catégorie.

La Chine durcit les règles et transforme la course en démonstration industrielle

Cette montée en puissance ne se mesure pas seulement au nombre de robots engagés. Les règles de course ont aussi été resserrées. En 2026, les épreuves de sprint sont imposées en mode autonome, et la limite du 100 m est ramenée de 3 minutes à 1 minute. Le message est clair : le niveau général est monté au point de rendre l’ancien seuil trop permissif.

Le cas de Tiangong Ultra l’illustre mieux que tout autre. Passer de 21,50 s à 9,39 s en un an ne traduit pas une simple amélioration mécanique. Le rapport insiste sur un saut d’intégration système, de capteurs et de contrôle. C’est là que la performance dépasse la formule facile du « robot plus rapide que Bolt ». Le sujet, pour l’industrie, est la vitesse de maturation d’une plateforme humanoïde capable de courir seule dans un cadre réglementé et répétable.

Le contexte reste toutefois très domestique. L’événement attire 16 pays et régions, mais certaines synthèses sectorielles citées dans le rapport indiquent que l’immense majorité des participations reste chinoise. Cela n’enlève rien à la portée de la démonstration ; cela dit simplement où se trouve aujourd’hui la densité expérimentale du secteur.

La prochaine séquence à surveiller est désormais moins le chrono brut que la suite des épreuves jusqu’au 26 août. Si les organisateurs ont fait du 100 m un symbole, les concours de football, de boxe ou de tâches industrielles diront mieux si ces machines savent convertir leur vitesse en contrôle, en robustesse et en usages plus concrets.

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Albert

Journaliste tech depuis 2013, je suis Albert et je décrypte l'actualité high-tech pour la rendre claire et utile au quotidien. Spécialisé dans le hardware, les objets connectés et le gaming, je teste également les logiciels et les outils d'intelligence artificielle qui changent nos usages. Aussi fasciné par l'écosystème Apple que par les configurations PC les plus underground. Passé par plusieurs rédactions de référence comme MacPlus et Phonandroid, je mets cette expérience au service de tests transparents, impartiaux et ancrés dans un usage 100 % réel.
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