Microsoft a publié son Patch Tuesday d’août 2026, l’un des plus volumineux de son histoire récente. Tenable recense 398 vulnérabilités corrigées, dont 42 critiques et trois failles zero-day. La plus urgente, CVE-2026-68820, était déjà exploitée par le groupe nord-coréen Lazarus pour obtenir les privilèges SYSTEM sur des machines Windows compromises.
Le chiffre spectaculaire de 398 ne signifie pas que Windows 11 contient soudain autant de failles actives sur chaque PC. Il regroupe des vulnérabilités affectant de nombreux produits Microsoft, notamment Windows, Office, SharePoint, Exchange, Azure, Visual Studio Code et plusieurs composants serveur. Les utilisateurs doivent néanmoins installer rapidement les mises à jour de sécurité proposées par Windows Update.
Ce qu’il faut retenir
- Tenable compte 398 CVE : 42 critiques, 355 importantes et une modérée.
- Deux autres CVE attribuées par MITRE portent le total à 400 selon certains médias.
- Trois failles étaient considérées comme zero-day, dont une déjà exploitée.
- CVE-2026-68820 touche le pilote Windows AFD.sys et permet une élévation locale de privilèges.
- Check Point attribue son exploitation à Lazarus dans l’opération Dream Job.
- La mise à jour est prioritaire, surtout sur les postes professionnels et les machines exposées aux documents ou logiciels non fiables.
398, 400 ou 421 failles : pourquoi les chiffres diffèrent
Tenable recense 398 vulnérabilités dans les correctifs Microsoft d’août 2026. Son décompte exclut CVE-2026-6726 et CVE-2026-6727, deux vulnérabilités attribuées par MITRE. En les ajoutant, d’autres publications arrivent à 400. Des totaux encore plus élevés peuvent inclure des composants tiers livrés avec des produits Microsoft ou utiliser une méthode différente.
Cette divergence n’indique pas une erreur dans les correctifs. Elle montre simplement qu’un « nombre de failles » dépend du périmètre retenu. Pour le grand public, la bonne action ne change pas : installer toutes les mises à jour proposées pour les produits effectivement présents sur la machine.
| Gravité selon Tenable | Nombre de CVE |
|---|---|
| Critique | 42 |
| Importante | 355 |
| Modérée | 1 |
| Total retenu | 398 |
CVE-2026-68820 : la faille déjà exploitée par Lazarus
La vulnérabilité la plus urgente se trouve dans AFD.sys, le pilote Windows Ancillary Function Driver for WinSock. Microsoft la classe comme importante avec un score CVSS de 7,0. Un attaquant ayant déjà réussi à exécuter du code sur la machine peut exploiter une condition de concurrence pour obtenir les privilèges SYSTEM, le niveau de contrôle le plus élevé sous Windows.
Il ne s’agit donc pas d’une attaque distante permettant de prendre instantanément le contrôle de n’importe quel PC connecté à Internet. Elle intervient après une première compromission. Son danger vient de sa capacité à transformer un accès limité en contrôle complet, à désactiver des outils de sécurité et à installer durablement des composants malveillants.
De fausses offres d’emploi comme porte d’entrée
Check Point a observé la faille dans l’opération Dream Job, attribuée au groupe Lazarus lié à la Corée du Nord. Les attaquants ciblaient notamment des organisations de la défense, de l’aéronautique et de l’aérospatial avec de fausses opportunités professionnelles.
La victime était conduite à ouvrir une archive ou un faux lecteur PDF. Après cette première exécution, le malware exploitait CVE-2026-68820 afin de lancer FudModule, un rootkit en mode noyau, avec les privilèges SYSTEM. Check Point indique avoir observé des cibles en Europe, dont la France et l’Allemagne, ainsi qu’en Inde et dans d’autres régions.
Deux autres zero-days, mais pas d’exploitation confirmée
Deux vulnérabilités supplémentaires avaient été rendues publiques avant la disponibilité d’un correctif :
- CVE-2026-62832, une élévation de privilèges dans le service de profil utilisateur Windows ;
- CVE-2026-72971, une faille d’altération locale dans le pilote d’isolation des conteneurs Windows.
Microsoft ne signalait pas d’exploitation active de ces deux failles lors de la publication. Leur divulgation préalable peut néanmoins faciliter le travail d’attaquants, ce qui justifie de ne pas retarder inutilement l’installation.
Les vulnérabilités critiques à surveiller
Parmi les 42 vulnérabilités critiques, plusieurs concernent des services de serveur plutôt que le PC familial. Tenable met notamment en avant une exécution de code à distance dans le serveur TFTP de Windows Deployment Services, notée 9,8, ainsi qu’une faille distante dans Windows DHCP Server.
SharePoint reçoit également de nombreux correctifs. Les entreprises qui exploitent ces services doivent prioriser les systèmes exposés au réseau, vérifier leurs versions et tester les mises à jour dans un environnement représentatif avant un déploiement massif.
| Faille | Produit ou composant | Risque principal | Priorité |
|---|---|---|---|
| CVE-2026-68820 | Windows AFD.sys | Élévation jusqu’à SYSTEM, déjà exploitée | Immédiate |
| CVE-2026-62893 | Windows Deployment Services TFTP | Exécution de code à distance sans authentification | Très élevée sur serveurs concernés |
| CVE-2026-62823 | Windows DHCP Server | Exécution de code sur réseau adjacent | Très élevée sur serveurs concernés |
| CVE-2026-62832 | Service de profil utilisateur | Élévation locale de privilèges | Élevée |
Comment installer les correctifs sous Windows 11
Sur un PC personnel, la procédure recommandée est simple :
- ouvrez Démarrer, puis Paramètres ;
- sélectionnez Windows Update ;
- cliquez sur Rechercher des mises à jour ;
- téléchargez et installez les correctifs proposés ;
- redémarrez l’ordinateur lorsque Windows le demande ;
- retournez dans Windows Update après le redémarrage pour vérifier qu’aucune mise à jour supplémentaire n’attend.
Une sauvegarde récente des fichiers importants reste conseillée avant toute grosse vague de correctifs. Dans une entreprise, les équipes informatiques doivent tester les mises à jour sur un groupe pilote, surveiller les incompatibilités puis accélérer le déploiement sur les postes à risque.
Windows 10 est-il également concerné ?
Le support gratuit standard de Windows 10 a pris fin le 14 octobre 2025. Les machines inscrites au programme de mises à jour de sécurité étendues peuvent continuer à recevoir certains correctifs selon leur édition et leur contrat. Un PC Windows 10 non couvert ne doit pas être considéré comme protégé simplement parce que Windows Update ne propose rien.
Lorsque le matériel le permet, la migration vers Windows 11 reste la solution recommandée par Microsoft. Les organisations conservant Windows 10 doivent vérifier leur éligibilité au programme ESU et leur politique de gestion des risques.
FAQ
Microsoft a-t-il corrigé 398 failles uniquement dans Windows 11 ?
Non. Le total couvre de nombreux produits Microsoft, dont plusieurs versions de Windows, Office, SharePoint, Exchange, Azure et Visual Studio Code.
Pourquoi certains articles parlent-ils de 400 failles ?
Tenable exclut deux CVE attribuées par MITRE de son total de 398. En les ajoutant, le chiffre atteint 400.
Quelle est la faille la plus urgente ?
CVE-2026-68820 est prioritaire, car elle était déjà exploitée dans des attaques attribuées au groupe Lazarus.
Un pirate peut-il exploiter CVE-2026-68820 à distance ?
La faille exige d’abord un accès local ou l’exécution de code sur la machine. Elle sert ensuite à obtenir les privilèges SYSTEM.
Comment savoir si la mise à jour est installée ?
Ouvrez Paramètres, Windows Update, puis Historique des mises à jour. Vérifiez également qu’aucune mise à jour ni aucun redémarrage n’est en attente.
Faut-il installer le correctif immédiatement ?
Oui pour les particuliers, sauf problème connu spécifique. Les entreprises doivent tester rapidement puis déployer en priorité sur les machines exposées et les secteurs ciblés.
Conclusion
Le Patch Tuesday d’août 2026 impressionne par son volume, mais la priorité ne se résume pas au nombre total. La faille AFD.sys exploitée par Lazarus justifie à elle seule une mise à jour rapide, surtout pour les postes professionnels susceptibles de recevoir des documents ou offres d’emploi piégés.
Pour le grand public, Windows Update et un redémarrage constituent l’essentiel. Pour les organisations, il faut en plus identifier les serveurs concernés, tester les correctifs et surveiller les indicateurs liés à l’opération Dream Job.





