SSD NVMe : bien choisir (PCIe, TLC/QLC, DRAM, TBW)

Acheter un SSD NVMe semble simple jusqu’à ce qu’on tombe sur PCIe 4.0 vs 5.0, TLC vs QLC, DRAM vs DRAM-less, dissipateurs, TBW, et des vitesses “7000 MB/s” partout.

Ce guide t’aide à choisir le bon SSD pour ton usage, en comprenant ce qui change vraiment au quotidien, et en évitant les pièges marketing.

1) NVMe vs SATA : la différence réelle

SATA (SSD 2.5″ ou M.2 SATA)

Un SSD SATA est limité par l’interface SATA, autour de 550 MB/s en lecture séquentielle. C’est un excellent choix pour redonner une seconde vie à un PC ancien.

NVMe (SSD M.2 NVMe)

Un SSD NVMe passe par PCIe et affiche des débits bien plus élevés sur le papier (environ 3000 à 14000 MB/s selon la génération). Dans la vie réelle, le gain sur démarrage et lancement d’applications est présent mais pas spectaculaire. En revanche, sur les gros transferts, le montage vidéo, les gros projets et les machines virtuelles, la différence devient nettement plus visible.

Conclusion simple : pour un PC ancien ou usage basique, SATA peut suffire. Pour un PC moderne, NVMe est généralement le choix logique.

2) PCIe 3.0 / 4.0 / 5.0 : lequel choisir

PCIe 3.0 NVMe offre un bon rapport performance/prix et suffit largement pour système et jeux. PCIe 4.0 est souvent le meilleur équilibre aujourd’hui pour la performance réelle, les prix et la stabilité. PCIe 5.0 monte très haut en débit, mais chauffe plus, coûte plus cher, et n’est utile que dans des usages spécifiques.

Règle pratique : jeux et usage quotidien, PCIe 3.0 ou 4.0. Création et transferts lourds fréquents, PCIe 4.0. PCIe 5.0 uniquement si tu as un vrai besoin et un refroidissement solide.

3) Format M.2 : tailles, clés, compatibilité

M.2 décrit le format physique, pas la technologie. Un M.2 peut être SATA ou NVMe.

Tailles courantes : 2280 est le format le plus répandu. 2230 est plus court, fréquent sur des machines compactes.

Côté “key”, les NVMe sont généralement en M-Key. Le piège classique est d’acheter un M.2 SATA en pensant prendre un NVMe.

À vérifier avant achat : format (2230/2280), support NVMe (et pas seulement “M.2”), génération PCIe supportée.

4) TLC vs QLC : impact réel

TLC (Triple-Level Cell) est généralement plus stable et plus endurant, et se comporte mieux sur les écritures soutenues. C’est le choix “tranquille” dans la plupart des cas.

QLC (Quad-Level Cell) est souvent moins cher et parfaitement utilisable en usage léger, mais peut devenir beaucoup plus lent lors de longues écritures quand le cache est saturé. L’endurance est souvent plus faible, selon les modèles.

Recommandation : pour OS, applis et jeux, TLC est préférable, QLC acceptable si le prix est bon et l’usage modéré. Pour création et gros transferts, privilégie TLC.

5) DRAM et HMB : pourquoi c’est important

Un SSD avec DRAM gère mieux sa table de mapping et garde des performances plus régulières, surtout quand le disque est bien rempli ou lors d’écritures prolongées.

Un SSD DRAM-less peut être très correct, mais il peut être moins à l’aise quand le disque est rempli ou en charge lourde.

HMB (Host Memory Buffer) permet à certains SSD NVMe sans DRAM d’utiliser un peu de RAM du PC. Ça aide, mais n’équivaut pas toujours à une vraie DRAM.

Règle pratique : disque système, DRAM si possible ou DRAM-less réputé avec HMB. Disque jeux, DRAM-less acceptable. Travail et gros fichiers, DRAM recommandée.

6) Endurance (TBW) : comprendre et relativiser

Le TBW indique la quantité totale de données écrites garantie. Pour un usage normal (web, jeux, bureautique), il est rare d’atteindre la limite TBW avant de nombreuses années.

Ce qui use réellement un SSD, ce sont les écritures lourdes et fréquentes : cache vidéo, exports massifs, gros projets, scénarios professionnels intensifs.

Conseil : si tu fais beaucoup de création, vise un TBW plus élevé et plutôt de la TLC. Sinon, ne surpaie pas juste pour un TBW énorme.

7) Chauffe et throttling : le piège des débits max

Les NVMe (surtout PCIe 4.0/5.0) peuvent chauffer. S’ils dépassent certains seuils, ils réduisent automatiquement leurs performances (throttling) pour se protéger.

Ça se remarque surtout lors de transferts longs, exports vidéo, installations massives et quand le SSD est coincé sous une carte graphique chaude sans airflow.

Solutions simples : utiliser le dissipateur M.2 de la carte mère si disponible, ajouter un petit heatsink si nécessaire, assurer un minimum de circulation d’air.

8) Recommandations par usage

SSD système (OS + logiciels) : privilégie la stabilité. TLC recommandé, DRAM si possible. 1 To est souvent le meilleur confort, 500 Go est un minimum.

Jeux : privilégie capacité et bon rapport qualité/prix. Un bon modèle DRAM-less peut suffire. 1 à 2 To est le compromis courant.

Création (montage, 3D, gros projets) : priorité aux écritures soutenues, à la stabilité et à la température. TLC recommandé, DRAM souvent préférable. Idéalement, un SSD dédié aux projets/scratch séparé du système.

PC portable : attention à la chauffe. Privilégie un modèle stable plutôt qu’un “record de débit” sur la fiche.

9) Checklist d’achat

Vérifie que c’est bien un NVMe PCIe (pas un M.2 SATA).
Vérifie le format (2230/2280).
Choisis la génération PCIe adaptée.
TLC préférable, QLC si usage léger et bon prix.
Prévois un minimum de refroidissement.
Choisis la capacité selon l’usage : 1 To conseillé en système, 2 To si jeux/créa.
Regarde la garantie et un TBW cohérent.

10) Mini protocole TechPi (option “prestige”)

Pour tes tests et comparatifs sur TechPi, tu peux standardiser une procédure simple :

  1. Mesures rapides (séquentiel + 4K)

  2. Copie réelle de 30 à 100 Go (fichiers variés)

  3. Températures au repos et en charge, noter la présence de throttling

  4. Test avec SSD rempli à 70–80 % pour voir si la tenue reste correcte

Pour finir, côté marques, privilégie des modèles connus pour leur fiabilité et leur tenue en charge plutôt que les “records” de débit marketing. En NVMe, les gammes grand public de marques comme Samsung, Western Digital (WD), Crucial, SK hynix et Kingston sont généralement de bonnes valeurs, notamment pour un SSD système. Pour les configurations orientées performance, Seagate peut aussi être intéressant selon les gammes. Quel que soit le choix, vérifie surtout le type de mémoire (TLC plutôt que QLC si tu fais de gros transferts), la présence de DRAM ou d’un bon support HMB, la garantie (souvent 5 ans sur les gammes supérieures) et les retours sur la chauffe, car ce sont ces points qui font la différence au quotidien.

FAQ

Un NVMe augmente-t-il les FPS en jeu ?
En général non. Il améliore surtout les chargements et les installations.

PCIe 5.0 vaut-il le coup ?
Souvent non en usage classique. Oui seulement si tu fais souvent des transferts lourds et que le refroidissement suit.

TLC vs QLC : faut-il éviter QLC ?
QLC n’est pas mauvais, mais moins adapté aux longues écritures. Pour être tranquille, TLC.

Un SSD sans DRAM est-il à éviter ?
Pas forcément. Très acceptable en disque jeux. Pour un disque système, vise DRAM ou DRAM-less réputé avec HMB.

Quelle capacité choisir ?
Pour beaucoup d’utilisateurs, 1 To est le meilleur point confort/prix.