L’intelligence artificielle scientifique n’est plus une fiction. Avec AI Scientist, un système de recherche autonome mis au point par Sakana AI, les modèles foundation pourraient bien bouleverser le fonctionnement de la recherche scientifique. Disponible en open source cet outil promet une automatisation complète du processus de découverte, de l’idéation à la rédaction de l’article scientifique.
Une automatisation complète de la recherche scientifique
Lancé en 2025, AI Scientist incarne une transformation majeure : il automatise l’ensemble du cycle de recherche. À partir d’un sujet de départ formulé en langage naturel, le système exploite des modèles foundation tels que GPT-4o ou Claude pour :
- Générer des hypothèses initiales
- Rechercher automatiquement la littérature scientifique
- Planifier, coder et exécuter des expériences
- Analyser les résultats
- Produire figures et manuscrits finaux
- Procéder à une auto-évaluation critique
Cette orchestration robotisée repose sur plusieurs agents coordonnés par un gestionnaire d’expériences. La version AI Scientist-v2 marque l’apogée de cette approche, en supprimant les dépendances humaines aux modèles de rédaction et en étendant ses capacités à différents champs du machine learning.
Des performances en progrès, mais encore des limites
Malgré son ambition, le système rencontre certaines contraintes techniques. Comme le souligne un rapport publié sur arXiv, AI Scientist dépend fortement du modèle linguistique utilisé. Des tests avec GPT-4o ont offert de bons résultats, mais les performances varient selon les LLM choisis.
Autre obstacle : l’accès limité aux implémentations open source récentes constitue un frein pour l’évaluation comparative. L’intégration d’API comme celles de PapersWithCode ou GitHub pour récupérer et tester automatiquement du code est envisagée, sans être encore implémentée.
En l’état, AI Scientist propose cependant une installation relativement simple — moins d’une heure — avec une utilisation modulaire et une documentation complète sur GitHub.
Vers une nouvelle ère de la découverte scientifique
Le lancement de l’AI Scientist s’inscrit dans un mouvement plus large. Des ateliers, tels que Foundation Models for Science, explorent les conditions d’application de ces systèmes à des domaines complexes comme la physique, la biologie moléculaire ou la climatologie. Les fondations de cette révolution reposent sur :
- La prise en compte de données multimodales
- La modélisation causale
- La quantification de l’incertitude
Des modèles comme TimesFM de Google ou Lag-Llama du monde académique repoussent également les limites de la prévision temporelle autonome. En parallèle, des initiatives telles que AScI à l’université d’Aalto utilisent les modèles foundation pour modéliser des comportements utilisateurs complexes de manière réaliste.
Des implications vastes pour la science du futur
Malgré ses défis, AI Scientist ouvre une porte sur un monde où l’intelligence artificielle devient moteur de découvertes. Contrairement à d’autres outils d’aide à la recherche ou à la rédaction, comme ceux listés dans les revues spécialisées en 2026, ce système repose sur une automatisation end-to-end remarquable.
Ce changement marque une rupture : de modèles spécialisés par tâche, la recherche scientifique passe désormais à des architectures orcherstrales intégrées basées sur des modèles foundation polyvalents. Ces systèmes allient raisonnement à long terme, interopérabilité logicielle et connaissance du contexte scientifique.
Un avenir proche où IA et chercheurs coopèrent
Les perspectives à moyen terme misent sur une collaboration étroite entre humains et IA. La recherche scientifique pourrait évoluer vers un modèle hybride où des agents intelligents proposent des axes d’analyse, exécutent massivement des expériences, tandis que les chercheurs humains valident les hypothèses, enrichissent les protocoles ou interprètent des nuances échappant encore aux machines.
Des institutions telles que l’UKRI au Royaume-Uni financent déjà à hauteur de 4 millions de livres des projets visant à comprendre le rôle grandissant de l’IA en science. La route vers une intelligence générale artificielle (AGI) demeure longue, mais des jalons comme AI Scientist montrent que le processus est déjà engagé.








